Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 01:18

Un après-midi dans Paris, au palais des congrès.

Nous nous sommes retrouvés face à face, par hasard, au milieu des autres.

Nous avons repris la discussion non terminée  la dernière fois. Des années de cela.

Puis nous nous sommes dirigés vers le Urbancafé du palais, nous avons pris « DES » cafés et parlé de tout : d’Oran, des études, de nos vies, de ce qu’elles sont devenues, des difficultés rencontrées au quotidien,  de nos incertitudes et surtout de notre désirs de prendre le large, de changer de vie, d’aller vers autre chose, du constat amère d’être là à subir alors que tous les matins nous sommes debout, soit pour nos enfants, soit pour notre travail, quelque soit l’heure à laquelle nous nous sommes couchés la veille.

Sans soutien, sans encouragement, seuls sous le regard des autres qui scrutent et surveillent en silence et grossièrement en cachette.

Le constat de notre obstination à rester debout, à aller de l’avant, à armer nos enfants d’un maximum d’atouts pour qu’ils puissent réussir en paix et ne pas rester incultes et frustrés par le manque du savoir, par l’absence d’un métier.

Nous avons longuement évoqué nos difficultés d’intégration malgré nos diplômes.
J’appris que pour la première fois de sa vie, le réveillon de la Saint-Sylvestre a eu lieu dans sa maison, je lui appris que pour le première fois de ma vie je me suis endormi avant minuit.

Devinant mon heure un peu serrée, nous changeons de sujet et nous nous sommes posés la question suivante : « si nous avions la possibilité de changer une chose, mais une seule chose dans notre vie, ce serait laquelle ? »

Nous éclatons de rire car nous avions, visiblement,  la même réponse cette question, comme si nous avions copié l’un sur l’autre…avant sur les bancs de la fac nous ne le faisions pas pourtant ;  la vie,  au quotidien nous a ramenés au même point.

Mon idée de changer de métier lui a donné le sourire, un grand sourire et j’entendis de sa voix et dans l’arabe oranais : tu m’épateras toujours.

Oh comme j’avais besoin d’entendre une telle gentillesse!

Vers la fin de l’après-midi, on décide de  passer  alors au petit blanc, comme avant,  et pour se donner bonne conscience, nous décidons de parler de cardiologie et de protocoles thérapeutiques, ce fut sans grand effort, le sujet nous passionnait !

Nous eûmes nos petits verres de vin blanc : un chardonnay de Bourgogne servi à la Parisienne, c’est-a-dire sans cacahuètes ni autres grassouillettes gourmandises !

Et nous revenons à Oran,  à la rue Moncey, au lycée technique, à nos soirées,  à Arzew et a ce grand périple que nous faisions chaque fin d’après-midi  en marchant le long de la rue Khemisti pour revenir par le Front de Mer, puis l’Avenue Loubet.

Revus la liste de tous les copains et copines de la fac. Ceux qui ont quittés, et ceux qui sont restés…

Ceux qui étaient là, nous les avons situés géographiquement, DOM-TOM compris.

Ils sont tous médecins dans les hôpitaux ou cliniques de France et de Navarre

Mais tous dans le même état  nostalgique, tous chagrin d’amour ambulant.

Et nous nous sommes quittés, pour combien de temps encore !!!

Je fus heureux un moment. Merci à toi d’avoir été là.

 Oranaiso


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