Marh'ba

Saha chirates, saha chachras.

(en oranais: Salut les filles, salut les garçons)

 

 

 

 

 

Marhba, merci d'être là!

 

 

 

 

 

 

 

Je suis d'Oran wah(oui), né le 06 février 1965 à Delmonte au 6 bis rue Kitchener prolongée.

 

 

 

 

 

 

 

Le Lord Kitchener, était un officier britanique, premier blanc à avoir foulé le sol du Soudan.

 

 

 

 

 

 

 

Je n'étais pas avec lui nonnnnnnn!

 

 

 

 

 

 

 

J'ai plutôt été à l'école du Dr.Saâdane (ou Koulije el Mahroug) une école qui avait brulé durant la première guerre d'Algérie de 54-62. 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai fait parti de l'équipe Volley-ball minime du Nadi Oran, ensuite l'équipe Volley-ball cadet et junior du MCO et c'est là que mon entraineur, M.Tilmantine, s'est chargé de m'enlever toute passion du sport: il était hors normes en terme de gestion humaine!!

 

 

 

 

 

 

 

J'ai été au collège Belahcen el houari, ensuite le technicum de Savignon et enfin le lycée Ibn Badis (ex. Ardaillon). Mon bac en poche, je suis rentré faire médecine à l'ISM d'Oran puis une spécialité en chirurgie orthopédique à l'unique CHU (sbitar el plato), chez le Pr. El Hassar.

 

A oran, les personnes qui m'ont marqué dans un sens admiratif, sont: Mr. A. BOUDRAA, Mr.S.El HASSAR,  Mr. T.MEDJEBEUR, Mr. BOUABSA, Mr. GHRISSI, Mme LAUTHIER, Mr. LAUTHIER, Melle Z.LABDI, Mr.H.KORRICHE, Mr. TOUAF, Melle IDRIEF.

 

Actuellement je suis médecin dans l'industrie pharmaceutique et je vis dans la région de Toulouse (un autre département 31) à Fonbeauzard, avec ma petite famille.

 

 

 

Voilà, aya bonne visite sur mon site et surtout, s'il vous plait laissez moi un commentaire.
Merci beaucoup!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous le saviez ? Les ondes libres sont toujours censurables chez moi. On cultive le pouvoir de les diriger librement vers tel ou tel coin de la grande toile obscure qui s'abat sur mon pays  arrachant sa lumière et   fermant à jamais, la porte de sa conscience !

C'est ce qu'ils veulent.

C'est ce qu'ils croient avoir fait !

Le jeune homme dont je parle s'est vu interdire une onde libre parce qu?une autre onde obscure l'a déclaré apte à la censure. En totale despote, elle a répandu l'abstentionnisme d'expression d'antan au sein de tous ceux qui chaque soir se mettaient sur la même longueur d'onde.

L'espoir revisité a de nouveau été envahit par la gangrène de ceux et celles qui l'ont en leur coeur et sur leur route : les charognards, qui ne peuvent vivre que sur les cadavres de leurs victimes innocentes !!!

Ils leur tournent le dos...et aux suivant...à ceux qui ont dans leur regards le projet de mettre librement leur point de vue sur onde.

Synonyme de mon espoir trahit,  il sera plus fort et, rejeté par la porte il reviendra par la fenêtre ou par tout autre moyen pour atteindre nos coeurs, pour étouffer leur bêtise et enrichir nos heures.

Pour permettre à tous ceux qui n'ont jamais pu s'écouter ou se lire, de se retrouver sur le fil de la vie.

Ils ont décidé de couper ce fil, mais la lame était rouillée.

Plus barbares, plus charognards n'y sont pas parvenus dans un proche passé !

Plus forte sera la vie, plus forte sera Alger, ses papiches, ses papichettes.

 

 

 

Alger, je pensais que ta violence était loin, alors qu'elle reprend le déguisement fripé du mur qui a chuté et qui depuis s'est vu poussé une barbe sur son visage et un barbelé en travers de ses neurones !

Alger tumultueuse et brûlante, par ta casbah majestueuse et blanche, ne te referme pas dans un autre marasme encore plus masqué, encore plus dégradant pour tes hautes sphères qui s?obstinent à vouloir donner des leçons de liberté avec une haleine fétide puant l'odeur de l'oiseau en cage et du bas résine sur les têtes !

Alger, tu as fait taire tes balles et tes bombes...ils implosent maintenant dans une totale frustration du vue et du non dit.

Pourtant, Alger, Alger, Alger, par trois sur tes ondes il se dressait entre frères qui se déchirent et tissait entre leur coeur un lendemain de couleurs : blanc, bleu et espoir !

Alger grise et triste, brouhaha sans cesse croissant, ville aux mille natures, aux mille différences, mosaïque de haine et d'amour, laisse ton écoute errer et tu courberas l'échine pour cueillir le rire et l'éclat de la vie à deux; voir fleurir tes matins et sentir "âattarcha" parfumer tes soirs.

Alger le passé, Alger le présent, mets tous tes enfants dans ton futur, loin de la guerre, loin de la peur, loin de la censure, dans la certitude de demain; ils ont choisi de rester là , quitte à voir mourir Kaci!

Alger crimes, Alger intolérance, Alger qui se cherche, Alger qui bascule, Alger qui arrive, Alger qui s'en va,  Alger de toutes les situations...ils seront là !

 

 

 

Oranaiso

1er mai 2006

 

 

 

 

 

Par tes racines nobles,

Par ton nom renommé,

par ton livre sacré,

Par ta gandoura toute blanche,

Par ton chapelet de perles scintillantes,

Par ma famille dispersée,

Par mes frêres exilés,

Par notre maison détruite,

Par celle que je reconstruirai,

Par ta vieillesse sage,

Par ma jeunesse folle,

Par mon esprit incompris

Par ton instinct protecteur,

Par ma petitesse à tes yeux,

Par ta grandeur à mes yeux,

Par ton rire enchanteur,

Par tes mains ridées,

Par ta barbe naissante,

Par ton âme mourante,

Par la trace de ta vie

Par ton Coran abandonné,

Par ton banc blanc et vide,

Je te pleurerai toute ma courte vie.

 

25 avril 1987.

ASPIRATIONS

 

 

Etre lumière dans les ténèbres,

Etre vérité dans le mensonge,

Etre chaleur dans le froid,

Etre amour dans l’indifférence.

 

Etre un peu de moi dans beaucoup de toi,

Etre un peu de tristesse dans ta folle joie,

Etre un peu d’oublis dans une grande mémoire,

Etre un peu de toi dans beaucoup de nous réunis.

 

Etre beau temps après la pluie,

Etre retrouvailles après s’être longtemps perdus,

Etre apaisement après tumultueuse vie,

Etre vivant après avoir été mort.

 

Etre visage sans masque hypocrite,

Etre humain sans égoïsme barbare,

Etre regard sans aucun non-dit,

Etre regard sans vide perdu aussi.

 

Etre tendresse sur champs d’épines,

Etre paix sur champ de guerre,

Etre vent sur champs de blés

Etre espoir sur fils fragiles.

 

Etre cœur et battre dans tes montagnes,

Etre eau et couler dans tes rivières,

Etre joie dans tes moments de déprime,

Etre présence dans ton glorieux passé.

 

Etre le peu que tu n’as pas.

T’appartenir.

Me confondre en toi,

A l’infini…mon pays,

Algérie.

 

Mon amie,

Mon rêve de tous les instants, mon espoir ultime, mon identité schizophrène,  ma quête du bonheur, ma fuite de l’horreur, ma déprime naissante, ma cohue qui s’éloigne, mon tunnel de la vie, ma plaine de la mort, mon champs de bataille, ma victoire d’un soir, mon combat du matin, mon lit abandonné, ma maison perdue, mon père enterré et toi qui  prend le train !

Mon amie, ma mère.

Mon rêve volé, mes images fabriquées, mes murs lézardés, mes routes sillonnées, mes terres brûlées, ma soif qui naît du regard qui te cherche, mes vives douleurs, mes grandes joies, mon ersatz culturel, mon cocktail d’ignorance, mes livres non lus, mes cahiers écrits, mon bureau dérangé,  la joie de te retrouver, ton sourire perdue, ton corps meurtrie, tes yeux qui s’enfoncent, ta main qui me cherche……et ta chaleur qui s’en va !

Il est tôt ce matin quand mon frère m’appelle et tard la nuit quand j’appelle mon frère, deux mots ont suffit pour comprendre à jamais que cela ne sera plus  comme avant. Que tu ne seras plus là quand je viendrai te retrouver en milieu de matinée, pour ton dernier moment de présence sur terre.

J’ai chanté la « mama » sur tout ce chemin de retour,

J’ai revue ton visage au temps où alerte tu me faisais ta ratatouille de courgettes et tomates en disant « c’est sans viande mais tellement bonne.... » Ah comme elle me manque déjà ta ratatouille !!

Le vide que tu laisses et le plein que tu as fait. Les tiens qui te pleurent, les leurs qui les consolent

Mon amie, ma mère.

Et je n’ai pas été là  quand dans un dernier souffle tu as certainement cherché mon regard….

je t’ai sentie…..comme si j’y étais.

J'ai  juste accordé à  ma tête la liberté de se poser un peu, d'alleger mes épaules,  attendant qu’on m’appelle. J’avais préparé ma petite valise...lu un peu de Coran, la sourate que tu aimais tant : Marie, 

Et je me suis retiré, silencieux, dans mon lit.

Je n’avais pas fermé l’œil.

J’attendais ton départ comme une fin de souffrance pour ton corps meurtri et une délivrance pour t’avoir vue gémir….partir… petit a petit comme un oiseau qui défait son nid !

 

Mon amie, ma mère c’était l’heure. Je l’ai su avant même de décrocher ce téléphone qui a sonné comme sonne un réveil m’invitant à quitter le lit et la maison.

C’est l’heure d’aller poser un ultime baiser sur ton front. Après m’avoir tant réchauffé quand j’avais froid, je n’ai pas su à cet instant te donner un peu de chaleur…..je me suis résigné à accepter ta peau froide et à revivre par mes narines où revenait l’odeur de ton eau de cologne. J’aurai aimé être seul avec toi à ce moment….seuls dans notre maison.

Mon amie, ma mère. Tu n'es plus!

Ma vie qui continue et mes enfants qui parlent de toi, mes chemins qui remontent et ton image qui revient. Mes artères qui brûlent  par la revue de tes moments de vie. Mon hymne de l’amitié, mon amour exagéré!

 Ma mère,  toi aussi, comme mon père, je te pleurerai toute ma courte vie.

 

 

25 avril 2006

 

 

 

 

 

La Bastille

 

 

 

 

 

 

Beaucoup d’enfants dans ma ville ne vont plus à l’école.

Ils ont 10, 12 …..ans.

La faim, la misère, les en empêchent.

Bastille, nom de gloire, lieu de révoltés, est devenu le nom de la rue qui leur offre du travail parfois dès l’âge de cinq ans même ! Leur marchandise est stockée par leur parents dans leur demeure où l’enfant n’est accepté que tard au petit matin, après avoir terminé de racoler le maximum de clients qui pour de l’alcool, qui  pour des cigarettes, qui pour un bout de poudre blanche ou pâte de faux rêves.

Les enfants de ma ville vendent aussi des sacs plastiques, ces même sacs qui portent la motion : ne pas laisser à la portée des enfants.

Les enfants de la rue de la Bastille, ne connaissent pas de sens aux mots amour, jeux, joie et rire, ils ne sauront pas vivre de tels moments. Ils s’étonnent même que des enfants comme eux soient propres et bien habillés. Leur vocabulaire est riche de mots destructeurs, désolants, dévastateurs : faux barrages,  arme, armée, prison, centre, égorger, éventrer, brûler, vendre, argent….La mort devient une alliée.

Certains, les plus grands, l’attendent, comme une délivrance, comme une fin à leur misère qui s’éternise. D’autres plus jeunes, te diront même, que les riches naissent et restent riches et que les pauvres le sont et le resteront, c’est normal.

Leur bonheur se résume à vendre une canette de bière. L’extase, c’est quand un client, arrivant dans sa grosse voiture et à travers ses vitres teintées, en prend dix ou vingt.

L’école est trop loin.

Il m’arrive de les regarder quand ils s’adossent à un mur attendant un client. Fatigués, le regard vide, les vêtements légers et les pieds nus. S’ils s’aperçoivent que je les regarde, ils accourent vers moi et me proposent leur marchandise.

Parfois, dans leurs bras, ils portent également, pour vendre, des produits alimentaires ….là aussi, une réalité qui se terre à la rue de la Bastille : tout ce qu’ils proposent comme conserve, est périmé ou presque. Les gens achètent parce que pas cher. La rue de la honte, lieu de preuve de déchéance d’une société au bord de l’abîme. Vous êtes en plein centre d’Oran !!

Ainsi né l’autre forme de terrorisme, héritière de la meurtrière. Ses recrus sont des enfants mais ses recruteurs sont les même que ceux qui font exploser une bombe dans un marché d’un quartier de laissés pour compte.

Les enfants, dans ma ville, sont dans la tourmente.

Les enfants d’aujourd’hui, seront les Algériens de demain. Ils n’en veulent pas de cette « algériannité » ! Elle est synonyme de faim et de misère. Ils rêvent déjà de partir ou de mourir. Le visa, la France ou la mort !

C’est leur façon de vivre l’impossible. C’est leur façon de rêver.

Pleure ma ville.

Regarde au fond de tes caniveaux, le crachat des petits tuberculeux, qui traînent dans la rue de la Bastille sous le regard de leurs parents : biologiques et autres.

Certains enfants te diront qu'avec un peu de chance, le propriétaire de la grosse voiture les emmènerait faire un tour avec lui !!!? On en revient avec beaucoup plus d’argent qui si l’on vendait tout un pack de bière.

Pleure ma ville pour les enfants de la Bastille.
Ils sont porteurs ou vendeurs d’alcool. Au petit matin, quand ils se livrent au sommeil, ils ne rêvent pas, ils se déconnectent. Ils reprennent leurs forces et leur âge, ils ressembleraient à tous les enfants de la Terre.

Pleure Oran pour tes enfants, qui abandonnent les bancs de l’école pour nourrir leurs parents. Pleure ma ville pour le drame de la rue de la Bastille.

 

 

 

Hommage au temps

 

 

 

 

 

 

Parce que le temps use le rocher

 

 

 

Et referme les blessures…

 

 

 

 

 

 

Je veux oublier le temps nu

 

 

 

Et le temps criminel.

 

 

 

Le temps des aires primaires

 

 

 

Le temps des peuples qui s’entre-tuent

 

 

 

Et qui décomposent les os.

 

 

 

Le temps qui sépare le présent du passé

 

 

 

Le temps ridicule qui tremble de folie

 

 

 

A l’heure du grand départ.

 

 

 

 

 

 

Je veux l’oublier.

 

 

 

Le temps des liaisons défaites

 

 

 

Le temps de la vie qui galope

 

 

 

Le temps qui nous cerne dans la misère

 

 

 

Le temps qui renverse les lois et les principes

 

 

 

Le temps des larmes et de l’attente stériles,

 

 

 

Le temps des morts et le temps des naissances perdues !

 

 

 

 

 

 

Mais…ce n’est pas possible !!

 

 

 

Parce que le temps, ce temps, nous fait connaître l’Amour.

 

 

 

Un jour.

 

 

 

Je voudrais lui bâtir un temple,

 

 

 

Y faire arrêter les aiguilles des montres.

 

 

 

Lui coucher des mots tendres sur du papier façonné en avions

 

 

 

Volant, affolés dans une salle de classe.

 

 

 

Moi, le prétentieux timide

 

 

 

Le marginalisé, le différent.

 

 

 

Je voudrais lui deviner des formes et des contours

 

 

 

Pour finir dans ses limites.

 

 

Oranaiso 

 

 

 

 

 

 

Je suis revenu.

 

Et depuis mon retour, je n’ai pas trouvé la force nécessaire pour vomir. Ni le temps, ni l’intimité d’ailleurs…

 

Quand on doit vomir sa ville natale, on tient surtout à le faire seul.

 

                                      

 

Oran, ville plaie de mon âme et de mon corps, je dois faire ton deuil.

 

 

Dur de le faire sur des prémices d’agonie sans cesse croissante pourtant, mais surtout sans nul espoir de te voir te relever, blanche face à la mer !

 

 

Un autre Kaboul, un autre cahot où enfermés dans leur nombrilisme total, les « occupants » d’Oran se sentent évoluer vers le meilleur….totale déchéance, total involution, totale rupture avec le monde des humains !

 

 

Oran….turque…espagnole….française…..arabe ….se retrouve encore une fois occupée !

 

 

Les zombis sont là…je les ai rencontrés.

 

Ils errent dans cette ville vide, aux murs sales, aux routes défoncées, aux femmes couvertes par des foulards islamistes et des jeans américains serrés…aux boutiques de djellabas et de corans frimant aux cotés de boutiques de père noël en peluche et de guirlande de la Saint-Sylvestre, aux hommes nonchalants et puants au moindre geste brusque de leur corps.

 

La bivalence dans toute sa splendeur !

 

Schizophrénique Oran.

 

 

Ils se terrent dès la nuit tombée, derrière leur muraille en béton aux façades faïencées de bas en haut…pour ne plus avoir à repeindre, pour ne plus avoir à entretenir….mais surtout pour blanchir à jamais l’argent sale qu’ils amassent depuis qu’ils occupent la carapace vide de cette ville.

 

 

J’ai été à deux enterrements…deux oranais sont partis respirer ailleurs. On n’avait pour le mort, à chaque fois, que les deux minutes de la mise en terre. Ensuite rapidement sans retenu ni respect pour ceux qui viennent d’enterrer un être cher, on passe aux curiosités terrestres, aux affaires…On veut changer du dinars en euros, au noir…On veut faire des devis pour une salle de bain en mosaïque,  pour une formation  en chirurgie esthétique….

 

Comment peut-on rêver à l’esthétisme quand au même moment on s’active pour ériger à la laideur la stèle la plus folle, la plus insensée : la destruction du beau ?!

 

 On me demande ce que je fais ailleurs et comment je fais pour vivre l’exil….je prends sans le  vouloir une tête de corniot. Je passe pour débile mentale parce que je ne suis pas resté…parce que je n’ai fait aucune affaire…aucune usine…aucun casse…aucun vol…aucun viol aussi.

 

Il parait que je n’ai pas changé !

 

 

Si j’ai changé, moi !

 

 En mon for intérieur je suis devenu apatride : j’ai perdu Oran et… plus encore, j’ai perdu l’espoir de la revoir.

 

J’ai perdu la vue de la mer à partir de la route des Andalouses : ils ont tout bétonné avec leur muraille dortoir.

 

J’ai perdu le visage joviale des oranaises : elles sont toutes couvertes par le foulard de la honte.

 

J’ai perdu l’essentiel : ma foi en Oran.

 

 

Oran ville plaie de mon âme et de mon corps, inculte et chaotique comme tu es devenue, tu as du voir s’enrouler autour de ta cheville, le méchant serpent, mince comme un doigt et plus puissant que le doigt d’un roi, emportant ton âme et laissant ta carapace vide aux corbeaux et aux asticots.

 

 

Deux mille ans, tu as vécu deux mille ans Oran !

 

Basta.

 

 

Omar OMMARI

 

Décembre 2005

 

L’épopée de ma Terre brûlée

 

 

 

 

 

 

Un oiseau est venu s’installer sur mon épaule droite

Me demandant de parler,

D’envoyer au ciel

De cette Terre qui m’a vu naître

De cette Terre qui saigne

Des espérances et des prières.

 

 

 

Je me suis incliné,

Comme le faisait mon père pour prier

Puis…
je me suis levé révolté

Et j’ai crié

Mon obstination à rester vivant.

 

 

 

Parce qu’ils sont nés pour offrir leur vie

A la liberté de cette patrie,

Parce qu’ils l’ont échangée

Pour que je sois là, moi

Libre

A me demander pourquoi

Tu viens à ma rencontre, mains armées

Et les miennes nues ??

A me demander cela donc, alors que l’oiseau…

Sur mon épaule…attend des ailes pour voler !


Mais…

On a vidé nos maisons de toutes les ailes d’oiseau 

Et de toutes les promesses faites aux hommes sages !

 

 

 

………

……………

Le téléphone sonne dans une nuit d’été

Dans ma bouche, j’ai eu la remontée acide du goût du crime

Son odeur se répand dans la maison de ma mère et de mon père

Dans la maison de mon frère…
De mon voisin

Et dans chaque coin de cette Terre qu’on veut brûler.

J’ouvre la radio alors,

Et j’entends

Les lâches colporter leur propos

Sur la lumière divine obscurcis par leurs maux.

 

 

 

Nos voix se sont dispersées…effritées

Nos cordes vocales n’ont pu dire mots

Nos voix se sont dispersées… effritées

Par-dessus les maisons des innocents égorgés.

 

 

 

Un lourd silence s’est installé entre ma tête et mon épaule droite.

L’oiseau s’est retrouvé prisonnier des lames rouges du couteau.

On lui a barré la route de la paix et de la prospérité,

Pour lui ouvrir le chemin de la mort et des cimetières.
Parce qu’ils ont décidé d’effacer de son extrait de naissance

L’adjectif de la vie !

 

 

 

Je me suis incliné

Comme le faisait mon père, pour prier.

J’ai prié et je me suis levé,

Révolté parmi d’autres révoltés,

Installés au sommet des montagnes

De ma Terre brûlée,

Et dans les quartiers reculés

Pour dire NON

Au pillage des ailes d’oiseaux !

 

 

 

Nous mourrons désormais tous les soirs

Pour renaître à chaque aube

Tisser des ailes à nos oiseaux

Et construire des rêves à nos enfants.

 

 

 

Nous mourrons désormais tous les soirs

Pour renaître à chaque aube

Nourrir nos voix d’huile d’olives et de miel

Et hurler aux lâches

Notre obstination à rester debout.

 

 

 

Nous mourrons désormais tous les soirs

Pour renaître à chaque aube

Et construire des remparts

Pour protéger les âmes des innocents.

 

 

 

Nous mourrons désormais tous les soirs

Pour renaître à chaque aube

Et renouveler du haut de nos montagnes,

Les pactes de La LIBERTE

 

 

 

Et si nous mourrons désormais tous les soirs

Un matin, nous reviendrons

Meubler notre ciel d’oiseaux

Qui chanteraient aux lâches et au monde entier

L’émergence des fleurs au bout nos vies

Le retour de leurs ailes,

Le rire de nos enfants,

Et l’amour que nous portons à l’Algérie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je viens de retrouver la quiétude d’antan…et pourtant je viens de loin !

 

 

Il y a moins d’une année, je ne soupçonnais même pas ton existence, aujourd’hui, non seulement tu es là présent dans chaque moment de ma vie mais en plus je vois s’épanouir en ton sein la chair de ma chair : mes deux enfants.

Le hasard dans son expression la plus simple t’a mis sur mon chemin ou plutôt m’a mis sur le tien ….tu étais alors sous la pluie et pourtant je n’ai vu dans ta pluie que la chaleur d’une vie baignée par le soleil, celui là même qui sous un autre ciel a hélé ma peau et réchauffé mon cœur. J’ai tourné deux ou trois fois autour du coin qui allait devenir celui qui abrite actuellement la maison où je vis, une maison à Fonbeauzard.

 

 

Je viens  de loin et dans tes rues, par ces premiers moments d’été et les derniers de la journée, je retrouve ma rue, celle où je suis né, dans son calme et la chaleur des gens qui se saluent ou qui prennent le temps de s’échanger des mots relatifs à leur vie que je suppose tranquille.

 

 

Je viens de loin, j’ai été dans d’autres endroits, plus grands, plus connus, avant de me retrouver ici, mais c’est bien la première fois depuis que j’ai quitté les murs qui ont fait mon enfance et même plus que mon adolescence, que j’oublie complètement que je suis un étranger.

 

 

Fonbeauzard, maisons sous le soleil, toutes plus coquettes les unes que les autres, quotidien qui s’écoule tranquille entre jardins fleuries et liens chaleureux naissant entre beauzifontins et moi, je me retrouve petit a petit dans tes matins ensoleillés, je panse mes plaies, continuité naturelle de celles dont souffre ce pays lointains d’où je viens en osant espérer dans mon for intérieur, que se panseront par continuité également les siennes.

 

 

Fonbeauzard, fleuries, sous le soleil ou sous la pluie, je t’offre ces lettres écrites si loin sans qu’elles sachent alors qu’elles t’étaient destinées.

 

 

Fonbeauzard, mes enfants heureux et mon cœur en paix, merci.

 

 

Arrête de me faire du mal….

…………………………….

Je fais taire mes souffrances pour pouvoir te sourire !

 

Arrête de me prendre pour le bourreau de ta religion, de ta barbe et de ton Coran.

Arrête de cribler nos corps avec tes mots choisis pour toucher les désespérés.

Tu vides les corps de leur sang…

Tu ne les dépouilleras pas de leur rêve, ni de leur âme.

 

Et pourtant… je voulais faire de toi l’autre pilier de ma patrie.

Je voulais faire avec toi, un pays de permis où nous aurions, toi et moi, fait jaillir du sable  notre tour de liberté avec des blocs de grès et des orgues basaltiques.

Je voulais faire, avec toi, un pays de rêve pour tous ceux qui ont perdu la notion de rêver.

Je voulais t’aider à réciter ton Coran, à tailler ta barbe et t’apprendre à chanter et t’apprendre à aimer…les autres et notre pays.

 

Mais.

Tu es revenu armé, et tu veux m’assassiner, mettre à néant notre projet !

Tu reviens me priver de mon énergie, celle qui définira demain les couleurs de ma patrie !

Tu as triché, homme lugubre des lendemains sombres.

Tu as triché !

Tu m’as pris de la main les graines que nous devions mettre en terre de Taghit

Tu me laisse deux balles, des morts et le gâchis de la Mitidja…

Accélération totale du vent de sable sur les toits des maisons de la Casbah.

Grains dans les rouages de notre vie.

Tu assassines mon projet et le rêve des gens heureux :

Ceux qui n’ont ni barbe sur le visage ni haine dans leur cœur.

Tu aspires à anéantir notre existence !!!

Nous ne te laisserons pas faire : nous ne te tuerons pas !

 

Je prends avec moi, le rêve et ceux qui y croient.

Je foulerai des pieds d’autres Mitidjas

Je me mettrai debout sous d’autres couleurs

Par respect,   par reconnaissance à notre histoire.

Et parce qu’en venant à la vie, j’ai choisi d’être fils de la Terre.

Je reviendrais, oh oui je reviendrais  un jour

Afficher en gifle sur ton visage, la réalité de mon rêve sorti de son œuf .

Tu verras la lumière, tu verras la douceur

Tu verras surtout que tu n’es pas fils de la Terre.

 

Seul, tu t’élimineras.

 

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Citations

On n’hérite pas la terre de nos parents, on emprunte celle de nos enfants.

 

 

 

 

 


 

Je suis la vérité, si tu cherches à me fuir, tu mentiras!

 


 

Les amours changent, mais celles que génère la ville d'Oran restent immuables.


 

 

 

 

 

Il faut renoncer à sa vieille identité et renaître à un nouveau sentiment de soi.

 


 

Le désir, la haine et les autres passions sont des ennemis sans mains, sans pieds; ils ne sont ni braves, ni intelligents; comment ai-je pu devenir leur esclave?

 


 

Penchez-vous sur votre douleur comme sur un enfant que vous voudriez réconforter.

 


 

Quand tous les beaux oiseaux sont partis, le hibou se met à roder...

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Ceux qui ont inventé les mathématiques, sont malheureusement restés sur la division uniquement.

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