Marh'ba

Saha chirates, saha chachras.

(en oranais: Salut les filles, salut les garçons)

 

 

 

 

 

Marhba, merci d'être là!

 

 

 

 

 

 

 

Je suis d'Oran wah(oui), né le 06 février 1965 à Delmonte au 6 bis rue Kitchener prolongée.

 

 

 

 

 

 

 

Le Lord Kitchener, était un officier britanique, premier blanc à avoir foulé le sol du Soudan.

 

 

 

 

 

 

 

Je n'étais pas avec lui nonnnnnnn!

 

 

 

 

 

 

 

J'ai plutôt été à l'école du Dr.Saâdane (ou Koulije el Mahroug) une école qui avait brulé durant la première guerre d'Algérie de 54-62. 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai fait parti de l'équipe Volley-ball minime du Nadi Oran, ensuite l'équipe Volley-ball cadet et junior du MCO et c'est là que mon entraineur, M.Tilmantine, s'est chargé de m'enlever toute passion du sport: il était hors normes en terme de gestion humaine!!

 

 

 

 

 

 

 

J'ai été au collège Belahcen el houari, ensuite le technicum de Savignon et enfin le lycée Ibn Badis (ex. Ardaillon). Mon bac en poche, je suis rentré faire médecine à l'ISM d'Oran puis une spécialité en chirurgie orthopédique à l'unique CHU (sbitar el plato), chez le Pr. El Hassar.

 

A oran, les personnes qui m'ont marqué dans un sens admiratif, sont: Mr. A. BOUDRAA, Mr.S.El HASSAR,  Mr. T.MEDJEBEUR, Mr. BOUABSA, Mr. GHRISSI, Mme LAUTHIER, Mr. LAUTHIER, Melle Z.LABDI, Mr.H.KORRICHE, Mr. TOUAF, Melle IDRIEF.

 

Actuellement je suis médecin dans l'industrie pharmaceutique et je vis dans la région de Toulouse (un autre département 31) à Fonbeauzard, avec ma petite famille.

 

 

 

Voilà, aya bonne visite sur mon site et surtout, s'il vous plait laissez moi un commentaire.
Merci beaucoup!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans cette ville, lieu magique par le rendez-vous constant  du soleil, du ciel bleu et de la bonne humeur,

Elle voudrait s’y retrouver comme avant !

Elle voudrait juste se promener le long du front de mer.

Revenir vers le lycée…

Passer l'entrée…. faire un tour dans sa cour,

Puis ressortir.

Revoir ainsi son enfance,

Ses années jeunes volées brutalement par l’insensé….

Elle n’avait jamais choisi de finir sa vie nostalgique !!

Elle n’avait jamais choisi venir nous raconter là-bas d’ici !!

 

Elle voudrait ressortir de cette cour de lycée et aller jusqu’aux immeubles EGA !
(Si  tu ne les connais pas c’est que tu n’es pas de là-bas !)

Elle aimerait se retrouver dans le bâtiment A, dressé comme la ville, face à la mer bleu.

Reprendre les marches de l’escalier qui mène au premier étage,

Vers sa vie d’antan, vers sa maison,

Revenir à cette page….

Toujours ouverte, et retrouver….sa maman !

 

Elle lèverait juste la main pour toquer à la porte ;

« Non je ne veux pas déranger, je sais ce que c’est….. d’être dérangé,

Je ne voudrais pas vous faire partir de chez vous…c’est horrible ça aussi,

Je le comprends » !!

Elle demande juste à mettre le nez en travers de la porte entrouverte,

Sentir ainsi l’odeur de ses moments de jeunesse, de bonheur et d’ivresse…

La jeunesse de ses seize ans,

Le bonheur de la vie tranquille

Et l’ivresse de son Algérie Natale.

 

Ils l’ont regardé, les yeux ébahis, le visage embarrassé.

« Mon dieu, c’est chez elle » se sont-ils dit en leur for intérieur.

Nous t’attendions ma sœur l’oranaise,

Nous savions que tu reviendrais…

Revoir tes murs lézardés depuis ton départ,

Attendant que tu reviennes pour que se ferment leurs plaies.

Rentre, rentre ma sœur, viens entendre grincer le robinet,

Sentir la chaleur du soleil à travers les rideaux baissés,

Fouler de tes pieds le carrelage rouge et blanc de la cuisine.

Ici c’est toujours chez toi.

 

Elle les a regardés, les yeux en transe, mi-clos

Sur un monde qu’elle ne connaît pas,

Juste un peu ouverts sur sa vie, par ici, il y a peu !!

 

L’odeur de la coriandre la prend au nez,

On a écrit sur le mur « VIVE ALLAH »

Et en son nom, on a chassé tous ceux qu’on a cessé d’aimer….

ALLAH n’a jamais dit de faire taire l’amour !!!

Quel gâchis.

 

Sa veste sur les épaules, seule, elle redescend et reprends le chemin de sa vie

Remonte dans le temps,

Continue en allant vers le haut, vers Gambetta tout là bas.

 

Elle arrive place Fontanel,

Des petits enfants jouent aux billes,

Une petite fille saute à la corde.

Elle s’assoit sur un banc,

A côté d’un jeu de marelle fraîchement dessiné sur le sol.

 

Elle jete un regard vers les oiseaux et le ciel qu’elle connaît si bien.

Ils n’ont pas changé,

Rien n’a changé d’ailleurs !

Même elle,

Toujours là,

Remontant encore  le temps….
Marchant vers sa rue et sa maison d’enfance,

Allant au premier étage, là où elle est née…

Il y a peu

Finalement.

 

Elle prend conscience de sa faim

Au moment où une odeur de paella

Lui réveille délicieusement les narines.

Elle s’arrête, lève la main

Et avant même de toucher la porte,

Celle-ci s’ouvre sur sa maman,

« Tu arrives au bon moment, viens m’aider à dresser la table,

La paella est prête ».

 

Elle a mangé et fait une petite sieste.

 

L’après-midi, à peine réveillée,

Elle reprend sa marche vers la cueva del agua

Se penche un peu pour respirer,

Respirer la mer...

La notre

Retrouver sa vie

Ses amis,

Passer la main sur les murs lézardés

Les apaiser, et faire de leurs plaies guéries

Une passerelle solide

Qui va de Livarot

A la place Fontanel.

 

 

La Chamia Oranaise

(origine « El basboussa » de la Syrie ou anciennement Bylad ECH-CHAM)

 

 

Ce gâteau, dont l’odeur à elle seule (cannelle et eau de fleurs d’oranger) suffit à mettre dans le quotidien la merveilleuse odeur de Ramadhan est complètement différent en goût de la « kalb ellouz » d’Alger. Cette dernière étant à base de semoule et d’amande est bien moins light que la Chamia qui elle est à base de semoule uniquement.

 

 

Voici les ingrédients :

 

Pour un moule de 18 cm de diamètre ( quatre personnes)

 

2 tasses de café (moyennes) remplie de grosse semoule .

1 tasse de sucre cristallisé

1 tasse remplie aux ¾ de beurre liquide

Une bonne pincée de cannelle

Eau de fleur d’Oranger (et surtout pas eau de rose).

 

Pour le sirop :

½ litre d’eau

300 g de sucre

Mettre à bouillir pendant 10mn

Ajouter l’eau de fleur d’Oranger à la fin après avoir éteint le feu.

Laisser de côté.

 

Préparer la Chamia

 

 

Mélanger semoule, beurre et sucre, ajouter la cannelle.

Bien travailler cela avec les mains.

Asperger généreusement d’eau de fleurs d’Oranger.

 

Mélanger encore.

 

Disposer cette semoule parfumée dans le moule sans la tasser.

Mettre à cuire doucement à 160° en surveillant.

Elle doit être dorée, sans plus.

Vérifier qu’elle a fait sa croûte en bas (en introduisant un couteau, le bas du gâteau doit être un peu dur).

 

Dès sa sortie du four, arroser avec le sirop en se servant d’une cuillère et non directement avec la casserole.

Laisser refroidir complètement.

 

Disposer là par morceau en renversant, par petite partie, le gâteau sur un plat, ainsi la croûte devient la face à présenter et arrosée elle prend un bel aspect mielleux et doré.

 

Bé Sh’fa oua Saha.

 

 

 

 

 

Si je t’oublie, Algérie !

 

Que la lumière à mes yeux,

Ne parvienne,

Si je t’oublie Algérie.

Que le chant de la mer, mes oreilles

N’atteignent,

Si je t’oublie Algérie.

Que mon sang se glace dans

Mes veines

Si je t’oublie Algérie.

Que nulle main jamais ne prenne

La mienne

Si je t’oublie Algérie.

Que la force de l’amour en mon cœur

S’éteigne,

Si je t’oublie Algérie.

Qu’éternels soient mon exil

Et ma peine

Si je t’oublie Algérie.

 

Que l’ange au « qalam » sur mon épaule droite

Ne se tienne,

Si je t’oublie Algérie.

Que mon âme de son Dieu ne se

Souvienne

Si je t’oublie Algérie.

 

Mon pays, ma Patrie, mon Royaume,

Ma richesse, ma joie

Et ma tristesse aussi.

Ô berceau de l’enfance,

Ou sont plantées, toutes les racines

De mon cœur,

Et qui demain sera ma couche….ultime.

Ô mon amour….mon amour

Mon pays !

 

Maudits soient les jours,

Maudites soient mes nuits

Si je t’oublie Algérie.

 

Si je t’oublie mon pays,

Que pleure le temps, pleure

L’inconstance humaine.

 

Demain ne se lèvera pas,

La paix ne sera jamais mienne,

Si je t’oublie ALGERIE



 

C'est son surnom en arabe: El Bahia, la splendide

La baie d'Oran et le fort Espagnol.

 

 

La grande Cathedrale, place Jeanne d'Arc

 

 

Avenue de Saint-Eugène

 

 

L'église Saint-Louis.

 

 

Place d'Armes

 

Les Planteurs, gouache 1999

 

L'immeuble du Dôme sur le Bd. Front de Mer

 

 

Je me retrouve donc dans ce monospace, en cette matinée du 14 mai 2006, sur la route qui mène à Jérusalem.

Nous étions huit, cinq juifs, deux catholiques et un musulman : moi.

Le jour s’est levé depuis plus d’une heure maintenant. Le hasard a fait que les trois grandes religions monothéistes soient représentées au sein de ce petit groupe de pèlerins improvisés.

 

 

 

Notre guide était juif israélien, il était le guide et le chauffeur en même temps.....Il a parlé durant tout le trajet dans un monologue monocorde.....moi je ne l’entendais pas ou presque.....

Nous avons vu le mur qui se construit toujours, pour isoler les arabes, pour séparer des familles aussi.

Le guide le compare à n’importe quel mur du périphérique parisien servant à stopper le bruit !!

Le mur que je voyais se dressait entre deux mondes ; un mur qui  allonge la route de ceux et celles qui tous les jours doivent  passer d’un côté ou de l’autre pour rejoindre leur famille ou leur travail. Cependant cette route ainsi allongée ne  concerne que la population palestinienne….Pour  notre guide, le mur se démonterait d’un simple dévissage de boulons à sa base, une fois la paix revenue !!!

Ridicule de vouloir éteindre le feu avec des actes hautement inflammables.

Je m’enferme dans mon silence en pensant à cet espace qu’on leur prend après avoir pris leur identité. J’ai compris que ce guide n’était pas très objectif et heureusement pour moi, j’ai eu l’occasion de discuter avec d’autres israéliens.

Seul check point sur la route à hauteur de Mody’in, une ville construite à mi-chemin entre Tel Aviv et Jérusalem. Nous sommes ralentis, on arrive à hauteur du poste militaire où des jeunes filles soldats nous saluent, font le tour du véhicule, et nous font signe de continuer....

Je n’ai à aucun moment éprouvé un quelconque sentiment d’insécurité. C’est peut-être dus au fait qu’en Algérie, durant la deuxième guerre de ce pays, j’ai eu à vivre ces checks point et ces arrêts sur les routes.

Impressionnante la verdure sur la route, l’irrigation au goutte-à-goutte a fait des miracles dans ce pays !

Nous nous approchons de Jérusalem, mon cœur changea de rythme, l’impression de l’apesanteur…de légèreté… sentiments agréables et excitation de l’enfant à la veille d’un départ en vacances.

Le silence s’installa dans le monospace.

Le soleil apparaît fièrement à ma gauche,

Je tourne la tête vers la droite pour l’éviter et je le vis…

LE DOME : doré étincelant là devant moi.

C'est le soleil qui m'a ainsi montré le chemin, je me dis en moi-même.

Je fus saisi par une rencontre irréelle : mon père, je l’ai eu à l’esprit à cet instant précis. Je connaissais son amour pour ce lieu...

 

 

 

Soudain la peur de ne plus le revoir s’empara de moi et je me dis que c’est peut-être la seule façon de le voir, que tout est barricadé, que ce guide ne m’emmènera pas jusqu’au DÔME.

La personne qui était à côté de moi, Stéphane, qui connaissait ma confession, mit sa main sur mon bras et me dis «  ne t’en fais pas on arrivera jusqu’à l’esplanade, nous voulons tous  y aller... ».

 

 

 

Une fois le moteur arrêté, je suis sorti de la voiture. Déposant mes pieds sur le sol de Jérusalem, je me mis à  répéter en moi «  lailaha ila lah » ( il n’y a qu’un seul Dieu : Allah), je revis à cet instant où j’écris ces ligne, l’émotion de ce moment....la charge historique du lieu faisant danser un sentiment de paix extraordinaire!!

Je regardais la ville autour de moi, les pierres blanches partout qui donnaient à Jérusalem la pureté apaisante d’une ville sainte.

La ville de tous.

Je prie pour toi ville de paix, ville de toutes les prières, comme dit  Fairouz dans la chanson.

 

 

 

Je me mets à marcher derrière le groupe, je voulais avoir mon propre rythme.

 

 

 

On arrive ainsi à la vielle ville entourée par le MUR, la première rue qu’on a empruntée était la rue Omar Ibn El Khattab ! Quelle coïncidence pour l’accueil d’un Omar OMMARI !!

 

 

 

 

Ruelles parfumées d’un souk...tapis, poteries, oranges et surtout j’entendais parler arabe : Salam alikoum, marhaba.......j’ai été reconnu par ma communauté, je suis au milieu des miens.....à Jérusalem. Il y avait un tel bonheur à fouler le pavé, j’aurai aimé qu’il ne se termine jamais et que le restant de mes jours ne soit qu’un chemin menant à l’esplanade.

 

 

 

Le guide continuait à parler et moi définitivement je me suis déconnecté de son explication. Il y avait dans  l’enseignement religieux reçu, assez de tolérance et de savoir pour me guider simplement dans la ville.

Et puis cette ville m’a ouvert ses bras et je vais la découvrir et  l’écouter contant son histoire elle-même.

 

 

 

 

 

El Qods, une autre ville plaie entre les peuples, sous le soleil réparateur, qui suspend l’auréole de la sainteté au dessus de ses maisons.

Je regardais devant moi, espérant revoir le DOME bénit....ma marche a prit l’allure étrange de celui qui voulais mettre les pieds sur toutes les dalles de ces ruelles étroites et ombragées... « ce chemin te mènera vers la lumière » me dit une voix......je répète « la ilaha ila lah », soudain je vois le MUR devant moi haut de ces milliers d’années d’Histoire et de prières, je lève la tête, derrière le mur, le dôme était là : « la proximité religieuse » est saisissante.....

Un conflit qui se résume à quelques mètres carrés !!

 

 

 

Nous avons essayé tout de suite d’aller sur l’esplanade des mosquées mais le passage était fermé.

 DECEPTION, nœud inavoué au fond de la gorge.

 Le guide la lit sur mes yeux et comprend. Il m’a surtout situé !

Il est parti alors se renseigner et revint me dire que je pourrai y aller vers 13h après la prière du D’hor.

Il aurait pu me dire qu’en passant par les quartiers arabes, j’aurai pu y être sans contraintes !!

Mais avec beaucoup de suspicions sur ma tête.

Non…je reviendrai vers 13h.

 

 

 

Ce n’est pas grave si je n’y arrive pas au moment de la prière. Il fallait juste que j’y sois, pour cette fois !

 

 

 

On profite de ce temps d’attente pour aller visiter le tunnel creusé sous le MUR, un tunnel qui traverse tout le quartier musulman. On passe à un point très proche du Rocher, qu’on appelle aussi, le saint des saints, là 80 mètres me séparent du sous sol du DOME. La tradition juive consiste à glisser entre les pierres un bout de papier où on écrit une prière.

J’ai pris un petit bout de papier et un stylo, je griffonnai en arabe « La ilaha ila lah, salam âla Elqods oua man fiha, salam salam salam ! » (Il n’y a qu’un seul Dieu, paix sur Jérusalem et sur ceux qui y vivent, paix, paix, paix). Je le glisse donc entre deux pierres très haut situées, pour que ma prière arrive vite au ciel....il y a avait urgence !

 

Nous longeâmes le mur dans sa partie souterraine pour sortir dans une ruelle juste en face de l’église où commence le chemin de Croix , première étape donc, sur ce sentier et première émotion réelle en réalisant que Jesus ( âlayhi es-salam) a marché sur ses dalles.

 

 

 

 

 

 

Nous fîmes ainsi deux autres étapes sur ce chemin, puis vint l’heure de revenir à l’esplanade.....

Subitement, la ville se mit à battre en moi, d’un rythme paisible. Je voulais croire à la paix sur cette route qui me menait à la Rencontre de Dieu.

A l’entrée du couloir qui mène aux mosquées, un long couloir couvert entièrement de bois et fermé à tout regard externe. Je dépasse le groupe…je marche seul et j’arrive.

 

 

 

 

 

Je rentre.....silence !

J’inspire fort l’air ambiant, mes yeux osent à peine regarder autour.

Steven me cherche derrière...je le laisse me chercher.

Je presse le pas vers la mosquée d’El Aksa, devant la porte un palestinien m’interpelle : « muslim ? »

Mes larmes lui ont répondu.

Il me prit par le bras à part et me dit en arabe «  minine inta ya akhi » (d’où tu viens mon frère), je me suis demandé si ce n’était pas un ange, tellement son arabe et sa voix était paisibles. Je lui dit que je venais de France, et que j’étais d’origine algérienne. Il s’arrêta net....m’apprend qu’il n’avait jamais rencontré un algérien et qu’il était très honoré par ma rencontre.

Devant la porte, un policier israélien me posa quelques questions sur ma confession de foi : je dis simplement «  la ilaha illa lah »,  on m’ouvrit la porte :

J’etais dans la mosquée.

Mon Dieu.

Oh humains de tout bord, j’y suis !

Je trébuchais en marchant. Mon guide des lieux, Raouf, me mena au mihrab, juste devant et me demande si je voulais prier, je dis oui sachant que mes jambes n’allaient pas me suivre....

 

 

 

Je prie, seul….

Je me prosterne,  mon corps se mit à trembler, des secousses internes que je n’avais jamais vécues de ma vie, je n’avais conscience que de mon nom….j’étais seul au monde !!

Raouf me réveille en me demandant de faire des prières pour les miens. Je le regarde perdu, les yeux en larmes, il me recadre alors en me demandant le nom de mes parents, de mes enfants, de ma femme…me demande de répéter après lui : porte les sur ton aile droite et accorde leur le meilleur des chemins, que mes parents ressentent mes prières de la haut et qu’ils en soient fiers, que mes enfants puisent dans la réussite et la sagesse sans limites et que mon épouse, mère de mes enfants, me soit amie et amour comme je le suis pour elle. Bénits soient le lien de la famille, le lien des amis et de tous ceux qui ont la foi en Allah en Mahomet et en tous les prophètes.

 

 

 

 

 

 

Je reste un moment prosterné : dix minutes, vingt…..je ne peux le dire.

Raouf me rappelle que le groupe m’attend dehors.

Je me lève alors pour sortir le rejoindre…il me dit qu’il y avait le Dôme du Rocher à voir aussi…..je le suis.

Nous sommes sortis de la Mosquée, nous traversâmes l’esplanade….devant l’entrée du Dôme, le garde israélien, me demande là aussi ma confession de foi. La ilaha ila lah. C’est mon password en ces lieux, un password attribué dès ma naissance.

 

 

 

Je me retrouve donc dans ce lieu, avec des Femmes et des enfants. L’Islam est ici plus tolérant qu’ailleurs, les femmes ne sont pas séparées des hommes pour prier en ce lieu où Mahomet mena la prière devant tous les prophètes ressuscités lors d’une nuit magique : la nuit du Israâ oual miîradj ( 22 août cette année 2006).

Il y avait un enfant qui s’est allongé devant moi alors que je faisais une deuxième prière.

Il m’a fait rappeler mon fils, Rémy.

 

 

 

Je quitte ce lieu avec une seule envie : y revenir encore une fois.

Raouf avait disparu.

 

 

 

Je rejoins le groupe. On me fit remarquer que j’ai fait vite pour visiter l’intérieur des deux lieux !!

Stéphane, déçu, trouve anormal qu’il ne puisse pas rentrer dans la mosquée. Moi aussi, mais l’interdiction est tombée depuis qu’un extrémiste australien a tenté d’y mettre le feu.

L’islam ne peut interdire à un humain de rentrer dans une mosquée sauf aux heures de prière et à condition qu’il soit dans un état de pureté de corps.

 

 

 

La visite a continué en reprenant le chemin de Croix, la via Dolorosa, le aint Sépulcre où le tombeau du Christ me fit arracher des larmes de douleur et puis la treizième étape, Marie, la pure (âlayha essalam) regardant son fils se faire crucifier.

Emotion, émotion quand tu nous tiens

Emotion quand tu nous réveilles !!

 

 

 

 

Je fis quelques courses : des cartes, des chapelets, quelques poteries.

Je reviendrai.

 

 

 

J’ai vécu le reste de mon séjour en revivant dans ma tête Jérusalem.

En revenant en France, sur le vol Tel Aviv – Paris, un journaliste français s’est assis à côté de moi.

Nous avons engagé la conversation : il était envoyé spécial d’un grand Journal dont je tairai le nom et rentrais en France se reposer avant l’été.

Il reviendrait en juin couvrir les événements. Il me dit que cet été ça allait chauffer dans la région.

 

 

 

J’avais compris Gaza, à la limite Jérusalem, a aucun moment je n’ai eu le Sud Liban à l’esprit.

Je pense encore à la chanson de Fairouz : « Paris Ô fleur de Liberté, Ô Or de l’Histoire, le Liban t’adresse avec mon cœur Paix et Amour

Le Liban te dis que vous vous retrouverez sur la rive  de l’Amitié, de la Vérité et du droit des hommes à la vie »

 

 

 

 

 

  Le lieu des ablutions sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem.

 

 Sous le MUR, l'endroit le plus proche du rocher: Le saint des saints.

 

 L'entrée de la pièce où se trouve le Tombeau de Jesus vide au saint Sépulcre.

 

Extrait d’article, Le Figaro du 13 juin 2006.

 

France-Algérie : amitié ou fraternité ?

« ....Hocine 30 ans, fait un geste significatif de la main.

Quand je vois comment mes compatriotes reçoivent les pieds noirs, comment ils pleurent ensemble, dit-il, je suis obligé de me poser des questions sur cette Histoire de génocide. On n’accueille pas à bras ouverts quelqu’un qui a tenté de vous éliminer. Ma génération ne sait pas grand-chose sur les temps où l’Algérie était française. On nous a surtout enseigné la guerre de libération, le sacrifice des martyrs, la victoire du vaillant peuple algérien.............si on cherche à sortir du stéréotypes on est immédiatement assimilés au ‘hizb frança’, le parti de la France, qui ne songeraient qu’à refranciser l’Algérie............................il n’y a pas de ‘hizb frança ‘ en Algérie, il n’y a que des algériens qui préféreraient avoir les mêmes conditions de vie et de travail qu’en France...... »

 

C’est incontestablement la chanson la plus écoutée en ce moment par les jeunes à Oran et ailleurs aussi. Ce jeune chanteur Algérois qui connaît, lui aussi, les difficultés de la vie dans son pays, va de succès en succès puisque son premier tube «  Joséphine » a fait le tour du monde et ce dernier reste premier au TOP 10 depuis plusieurs semaines. Je ne peux hélas le mettre en ligne, mais j’ai essayé de traduire le plus fidèlement possible les paroles qui, rappelons le, sont à l’origine écrit en oranais qui est un mélange d’arabe et de français :

 

« Ne me fatigue pas...

 

Oh bateau, Ô mon amour

Fait moi quitter cette misère

Partir loin......

Dans ma patrie, je reste opprimé

J’ai pris mon mal en patiente,

Mais là, j’en ai marre !

Je ne rate pas l’occasion

Le rêve est dans ma tête depuis longtemps.

M’a fait oublier qui j’étais

Je galères nuit et jour !!

Je veux,

Oh bateau, Ô mon amour

 

Fait moi quitter cette misère

Une Evasion spéciale de l’Algérie vers l’Occident.

 

Je voudrais mettre le « henné » à ma bien aimé

Avant que je ne parte

Comme Cheb Hasni,

Moi je suis sentimental...

 

Mon pays, tu regorges de richesse,

Mais ne l’a que « le » déjà pourvu,

Ne s’en sort que le gars épaulé,

Ça sert à quoi de jeter l’eau à la mer ?!

 

J’ai pris mon mal en patiente,

Mais là, j’en ai marre !

Je ne rate pas l’occasion

Le rêve est dans ma tête depuis longtemps.

M’a fait oublier qui j’étais

Je galères nuit et jour !!

Ne rate pas l’occasion,

Aller viens c’est le moment...

 

Dans ma patrie, je reste opprimé

Et là vraiment j’en ai marre !

Je sacrifie ma jeunesse, je vais travailler

Je me construirais un palais

Et moi aussi, je deviendrai richard !!

 

 

Le sable ne moisit jamais !

Partir Loin,

Pour fuir les problèmes

Qu’on a dans la tête mec !»

 

Réda ET-TALIANI 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Monologue pour Oran

 

Je pense

A l’horizon barré où mes rêves s’annulent,

A mon regard vers l'horizon cherchant à te revoir,

A mes chagrins d’enfants dans tes rues défoncées,

A ma voix sur le fil quand je cherche tes nouvelles, 

A toi qui mets la veste de l’abîme et de l’oubli !!

A tout ce que je sais, à tout ce que tu crois.

Je pense

A la mort qui sommeille au bout de ma vie

A tes hommes debout lorsque tu es tombée

A l’obligation de partir quand tu veux me sourire,

A l’imposture qu’est ta vie,  à mon cœur meurtri,

A tes dalles foulées, à tes habitants roulés.

A demain,

A eux

A nous….

Je pense à tout ça Oran!!!

 

 

 

 

 

 

      

 

 

 

 

Que faire maintenant ?

Il avait entendu des voix s’élever au ciel d’octobre et qui sans arriver aux nuages, sont revenus lui marteler la tête, créant un amalgame vocal dans lequel il a vu s’éloigner les cinq jours qui le séparaient de la liberté.

Il vivait comme tous les jeunes : de parole et d’espoir. L’eau fraîche étant constamment coupée et l’amour restant tabou !!

 

Son cœur s’effrita, se décomposa avant même qu’il comprenne ce qui lui arrivait.....il était convaincu que la bêtise n’était plus pour lui, qu’il devait rejoindre les siens.

Sa main droite se remplie de haine pour coller les milliers de morceaux jetés sur le sol et piétinés par les brodequins des gueux alors que sa main gauche se cantonnait dans l’hymne de la mort et de la bêtise humaine.

Il n’avait plus dans la poche qu’une pomme et un bouquet de jasmin. Il les avait sortis pour les offrir à la paix, sans l’avoir rencontrée. On lui avait dit qu’elle se préparait à se guinder dans des lambeaux de guerre et de feu et qu’il devait échanger la fleur du coin de ses lèvres quand il souriait en machine de la mort. Il avait 20ans.

 

Une colombe était là. Elle s’apprêtait à s’enfuir. Il lui demanda ce qu’il était venu faire ? Elle lui confirma qu’il sera une réserve sans plus et que la paix reprendrait sa place et ses habits clairs...mots légers sur des avions en papiers dans une classe d’enfants révoltés !

 

Elle est partie.

On a distribué une ration mortelle d’absurde. Ils l’ont portée, lui et ses semblables de 20ans aux canons de leurs fusils et il s’est retrouvé en première ligne de combat.

Il s’agit de guerre entre frères.

Il s’agit d’une sale guerre...comme toutes les autres d’ailleurs !

Lui, dans son rêve de rejoindre les siens, n’a rien compris : la réserve est devenue la seule défense, avec la paix de retour à sa place ?!! Mots encore plus légers et toujours sur des avions en papier dans des poubelles de classes vides. Des classes d’enfants massacrés.

 

Sa première nuit dans la montagne, il l’a passé en sentinelle dans la guérite de sa boite crânienne. Il a cherché une conviction à sa présence car il n’en avait pas. Il avait surtout le rêve de revoir les siens.

 

On a tiré en face. La première balle a atteint son torse. En coulant, son sang s’est retrouvé au pied d’un pommier où une pomme manquait et dans un vase fleurie, posé sur le coin gauche d’une télévision allumée.

La vieille femme qui regardait le discours du leader sur cette télévision, se mit à pleurer : On lui « demandait » d’ouvrir la porte de sa maison et de son cœur au bourreau de son enfant.

 

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Citations

On n’hérite pas la terre de nos parents, on emprunte celle de nos enfants.

 

 

 

 

 


 

Je suis la vérité, si tu cherches à me fuir, tu mentiras!

 


 

Les amours changent, mais celles que génère la ville d'Oran restent immuables.


 

 

 

 

 

Il faut renoncer à sa vieille identité et renaître à un nouveau sentiment de soi.

 


 

Le désir, la haine et les autres passions sont des ennemis sans mains, sans pieds; ils ne sont ni braves, ni intelligents; comment ai-je pu devenir leur esclave?

 


 

Penchez-vous sur votre douleur comme sur un enfant que vous voudriez réconforter.

 


 

Quand tous les beaux oiseaux sont partis, le hibou se met à roder...

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Ceux qui ont inventé les mathématiques, sont malheureusement restés sur la division uniquement.

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