Marh'ba

Saha chirates, saha chachras.

(en oranais: Salut les filles, salut les garçons)

 

 

 

 

 

Marhba, merci d'être là!

 

 

 

 

 

 

 

Je suis d'Oran wah(oui), né le 06 février 1965 à Delmonte au 6 bis rue Kitchener prolongée.

 

 

 

 

 

 

 

Le Lord Kitchener, était un officier britanique, premier blanc à avoir foulé le sol du Soudan.

 

 

 

 

 

 

 

Je n'étais pas avec lui nonnnnnnn!

 

 

 

 

 

 

 

J'ai plutôt été à l'école du Dr.Saâdane (ou Koulije el Mahroug) une école qui avait brulé durant la première guerre d'Algérie de 54-62. 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai fait parti de l'équipe Volley-ball minime du Nadi Oran, ensuite l'équipe Volley-ball cadet et junior du MCO et c'est là que mon entraineur, M.Tilmantine, s'est chargé de m'enlever toute passion du sport: il était hors normes en terme de gestion humaine!!

 

 

 

 

 

 

 

J'ai été au collège Belahcen el houari, ensuite le technicum de Savignon et enfin le lycée Ibn Badis (ex. Ardaillon). Mon bac en poche, je suis rentré faire médecine à l'ISM d'Oran puis une spécialité en chirurgie orthopédique à l'unique CHU (sbitar el plato), chez le Pr. El Hassar.

 

A oran, les personnes qui m'ont marqué dans un sens admiratif, sont: Mr. A. BOUDRAA, Mr.S.El HASSAR,  Mr. T.MEDJEBEUR, Mr. BOUABSA, Mr. GHRISSI, Mme LAUTHIER, Mr. LAUTHIER, Melle Z.LABDI, Mr.H.KORRICHE, Mr. TOUAF, Melle IDRIEF.

 

Actuellement je suis médecin dans l'industrie pharmaceutique et je vis dans la région de Toulouse (un autre département 31) à Fonbeauzard, avec ma petite famille.

 

 

 

Voilà, aya bonne visite sur mon site et surtout, s'il vous plait laissez moi un commentaire.
Merci beaucoup!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un après-midi dans Paris, au palais des congrès.

Nous nous sommes retrouvés face à face, par hasard, au milieu des autres.

Nous avons repris la discussion non terminée  la dernière fois. Des années de cela.

Puis nous nous sommes dirigés vers le Urbancafé du palais, nous avons pris « DES » cafés et parlé de tout : d’Oran, des études, de nos vies, de ce qu’elles sont devenues, des difficultés rencontrées au quotidien,  de nos incertitudes et surtout de notre désirs de prendre le large, de changer de vie, d’aller vers autre chose, du constat amère d’être là à subir alors que tous les matins nous sommes debout, soit pour nos enfants, soit pour notre travail, quelque soit l’heure à laquelle nous nous sommes couchés la veille.

Sans soutien, sans encouragement, seuls sous le regard des autres qui scrutent et surveillent en silence et grossièrement en cachette.

Le constat de notre obstination à rester debout, à aller de l’avant, à armer nos enfants d’un maximum d’atouts pour qu’ils puissent réussir en paix et ne pas rester incultes et frustrés par le manque du savoir, par l’absence d’un métier.

Nous avons longuement évoqué nos difficultés d’intégration malgré nos diplômes.
J’appris que pour la première fois de sa vie, le réveillon de la Saint-Sylvestre a eu lieu dans sa maison, je lui appris que pour le première fois de ma vie je me suis endormi avant minuit.

Devinant mon heure un peu serrée, nous changeons de sujet et nous nous sommes posés la question suivante : « si nous avions la possibilité de changer une chose, mais une seule chose dans notre vie, ce serait laquelle ? »

Nous éclatons de rire car nous avions, visiblement,  la même réponse cette question, comme si nous avions copié l’un sur l’autre…avant sur les bancs de la fac nous ne le faisions pas pourtant ;  la vie,  au quotidien nous a ramenés au même point.

Mon idée de changer de métier lui a donné le sourire, un grand sourire et j’entendis de sa voix et dans l’arabe oranais : tu m’épateras toujours.

Oh comme j’avais besoin d’entendre une telle gentillesse!

Vers la fin de l’après-midi, on décide de  passer  alors au petit blanc, comme avant,  et pour se donner bonne conscience, nous décidons de parler de cardiologie et de protocoles thérapeutiques, ce fut sans grand effort, le sujet nous passionnait !

Nous eûmes nos petits verres de vin blanc : un chardonnay de Bourgogne servi à la Parisienne, c’est-a-dire sans cacahuètes ni autres grassouillettes gourmandises !

Et nous revenons à Oran,  à la rue Moncey, au lycée technique, à nos soirées,  à Arzew et a ce grand périple que nous faisions chaque fin d’après-midi  en marchant le long de la rue Khemisti pour revenir par le Front de Mer, puis l’Avenue Loubet.

Revus la liste de tous les copains et copines de la fac. Ceux qui ont quittés, et ceux qui sont restés…

Ceux qui étaient là, nous les avons situés géographiquement, DOM-TOM compris.

Ils sont tous médecins dans les hôpitaux ou cliniques de France et de Navarre

Mais tous dans le même état  nostalgique, tous chagrin d’amour ambulant.

Et nous nous sommes quittés, pour combien de temps encore !!!

Je fus heureux un moment. Merci à toi d’avoir été là.

 Oranaiso

A Oran,

De tout mon cœur…mes vœux de paix,

Et mes baisers à la mer et aux terrasses des maisons baignées par le soleil.

Baisers  posés sur le vieux rocher de la corniche

Comme ceux qu’on peut poser sur  les joues ridées du vieux pécheur oranais….

 

Il est toute l’âme de ton peuple : vin doux et pain béni,

Il est sa sueur, son jasmin et ses fleurs, belles sorties d’entre les épines du figuier de barbarie !

Comment de telles saveurs ont pu prendre le gout des cendres et la couleur du feu ?!

Aussi longtemps, aussi longtemps !

L’enfant porté par ses ruelles, que je suis, ne le comprend pas.

L’enfant meurtri dans sa chair à l'idée de devoir encore une fois vivre loin de sa chair, ne le comprend pas !

Vent de l’est soufflant ….

Eteinte des lueurs d’espoir…

Départ de ses bâtisseurs !!

L’enfant que je suis resté, ne le comprend pas.

 

Ma ville s’est renfermée sur elle-même.

Réverbères éteints.

Sa seule compagne fut  la nuit !

L’enfant, grandi dans ses ruelles, est parti.

 

A Oran,

Mon être qui tremble aux effluves de tes parfums…

Retrouvées dans ces quartiers taudis habités par les « espèces » à intégrer

A travers leur non sens, je t’embrasse ma ville.

Comme on embrasse la mer et le toit de tes maisons

Comme on embrasse le vieux rocher sur la corniche

Comme on embrasse les joues ridées du vieux pécheur

Tu es à moi, Oran

Je t’étreins comme une joyeuse fatalité,

Tu es mon étendard, ma pierre noire

Tu es la  vague que j’attendrai, toujours, pour prendre le large !!

Entre temps, tes blessures ont fleuries

Les larmes ont aussi fleuries,

Celles des  mères dont les enfants ont péri sur des barques de fortune

Toi Oran, tu es à moi

Et si, toute fois, l’enfant qui a couru dans tes ruelles,

Revient…

Promet moi, Oran, ma lumière,

Prends-le dans tes bras.

 

 

 

 

 

Mon amie m’a dit que je n’avais pas droit à la déprime.

 

Sa conviction m’a réveillé, remis sur un chemin sûr : le chemin des miens.

Sans vouloir mettre en vitrine une quelconque prétention, je m’en vais me ressourcer parmi les miens, je m’en vais respirer l'air du pays, marcher au soleil, regarder la mer …

Me rendre compte de la chance que j’ai.

 

Transmettre à mes enfants la perception de leurs origines, leur donner la force de se construire multiples, colorés et riches. Culturellement riches, linguistiquement aussi.

 

Ainsi je vais voir Oran !

Ville plaie de plus en plus ouverte au fur et à mesure que je m’avance sur le tapis temporel.

Je me rends compte de la chance que j’ai : pouvoir traîner sur les deux rives de la méditerranée, librement, pouvoir me ressourcer aux moments durs de la vie, comme en ce moment de crise, enfin pouvoir transmettre naturellement les secrets de ma jouvence à mes deux enfants.

Je serai heureux, un moment, le restant de mes jours, ou juste le temps de ma visite, peu importe !

Mon bonheur tient au fil de mon lieu de naissance et quoi de plus normal que de vouloir le préserver en  m’y rendant avec ceux que j’aime.

Je saurai au moins vers quelle rive me tourner quand les vagues me refuseraient le large.

 

Et je sais par-dessus tout que tu penseras à moi et que tu parleras de moi avec des mots simples, dont tu restes la seule à  posséder le secret de leur agencement : ils raconteront aux autres l’aventure du guerrier de paix, le chemin de l’oranais.

 

Mon amie, je connais ta douleur pour l’avoir vécu, mais…

Je connais aussi la joie de ton retour au pays.

Courage alors et ramasse tes souvenirs…

Tu verras mille maisons s’ouvrir,

Tu verras mille visages te sourire !

 

Merci.


Oranaiso

21 octobre 2009 






Pour la petite histoire, c’est au  XVIe  siècle, Quand les rois d'Espagne enfermaient leurs courtisans indésirables dans les forteresses qu'ils possédaient sur les côtes d’Afrique du Nord. La forteresse d'Oran était sur l'avancée de la rade de Mers-El- Kébir, qu’on vit cette sorte de Brioche pour la première fois.

Cette forteresse se trouvait sur un rocher qui fût appelé Fort Lamoune où de nombreux singes (monos)  vivaient. Une fois par an, lorsque les prisonniers étaient autorisés à recevoir leur famille, à l’occasion de Pâques justement, elles leur faisaient passer à travers les barreaux, des brioches parfumées au zest d’Oranges (parfum le plus disponible dans la région à cette période et le moins cher aussi).

De retour dans leur cellule, les prisonniers jetaient par leurs minuscules fenêtres des miettes de ces brioches aux « monos » qui devenaient ainsi leurs compagnons des jours de solitude. Depuis ce gâteau se nomme La Mona.

Des familles exilées d'Espagne s'étaient installées à Oran dans le quartier de La Blanca, quartier le plus proche de ce rocher. Ces espagnoles sont le vecteur de ce gâteau dont les origines peuvent être l’Andalousie. La Mona transmise à nos mères par leurs voisines pieds noires, est en vérité un mélange de plusieurs cultures, juive, nord-africaine et espagnole.

Une particularité de la Mona qu’on fait à Pacques, pour certaines, elles plantent dedans un œuf, symbole de Pâques, qui va cuire dans le four en même temps.

Recette

1kg de farine
2 carrés de levure de boulanger
2 oeufs
250 g de sucre
1 verre de vin d’huile
2 sachets de sucre vanille
Ecorces de trois oranges mixées en pâte
jus de trois oranges

Mélanger farine et levure, puis sucre et une pincée de sel. Ajouter œuf, huile, pâte d’écorce d’orange, vanille. Pétrir avec le jus d’Orange.

Diviser la pâte en 4 boules, les déposer sur la plaque du four  beurrée ou huilée. Ensuite laisser reposer environ 1h-1h30. A noter une bonne augmentation du volume.

Enfin passer du  jaune d'oeuf dessus et du sucre grossièrement cassé. Planter un œuf frais.

Temps de cuisson : à l'œil,  j'ai laissé cuire une heure en surveillant  à 175 - 200c°. Bien surveiller en fin de cuisson (5-10 dernières minutes) pour éviter de faire  noircir le dessus.

C’est bon, ça sent bon l’ORANGE.

Laissez refroidir et en avant pour Santa-Cruz et le rocher de Fort LAMOUNE !!


Joyeuses Fêtes de Pacques à Tous
Oranaiso 

Voir photos et variante sur http://www.kurokatta.org/doc/recipe/mona-tata-zineb

 

Par Yvette (2006) et Oranaiso (2009) 

 

            J’avais une dizaine d’année quand je suis venue habiter pas très loin du front de mer.

            J’avais 30 ans quand j’ai rejoint ce même front de mer…en habitant à 300 mètres.

            On l’appelait comme ça cette superbe ballade qui allait d’un bout à l’autre.

            On a continué à l’appeler comme ça, même en arabe, c’était la même chose avec un « r » roulé sur le front et sur la mer.

            Il démarrait  pas très loin du lycée et de l’EGA, d’où je partais, ce grand boulevard et serpentait en larges courbes, saluant aux passages les jolis immeubles qui le bordaient sur la gauche ou la droite, suivant que l’on descendait ou remontait  ce paseo.

Géographiquement, rien n’a changé, hélas par contre, l’état des immeubles laisse à désirer…ce haut lieu de promenade est devenu l’espace de tous les interdits sociaux…le lit de tous les sans logis aussi.

            Il se terminait  à la promenade de l’étang, tout au loin, au moins pour moi car c’était le terminus pour revenir.  Un moment merveilleux de halte dans un endroit si beau, ce jardin à la vue imprenable.

Au bout, maintenant, sur le petit rond point, se trouve une « espèce de lampe d’Aladin en mosaïque » géante et béante. Dénotation ? Enrichissement ? Je ne saurai le dire.

Le jardin ou promenade de l’étang, lui est toujours là, le coin des amoureux où l’on se cache pour s’aimer. Et c’est bien grâce à la présence du Messe des Officiers à côté, que l’on doit l’entretien et la propreté du lieu.

 

             J’y allais très souvent, avec une ou deux copines.

            Nous prenions, ce long, large et interminable « trottoir » dallé avec ses palmiers, ses bancs face à la mer et sa rambarde en fer forgé ouvragé, sur laquelle on s’appuyait et qui était si chaude sous le soleil et fraîche à la nuit tombée.

Justement, ce boulevard fut d’une extraordinaire animation lors des soirées du Ramadhan : spectacles, danses, promenades, dégustations de glaces et rencontres entre amis. Ce fut avant les années noires, mes années de jeune insouciant et confiant !

 

 

            Un peu plus grandes, quand on n’allait pas le dimanche chez une copine, ou dansait en boum ou en plein air ou encore au cinéma, on filait au front de mer.

            On se mettait sur notre 31. Il n’était pas question de ne pas être belle.

            On se mettait aussi sur notre 31, pas question de ne pas être beau.

            Et, souvent les nénettes, nous  étions intéressées, car nous avions un rendez vous avec le béguin du moment.

            Chacune de nous, servait d’alibi à l’autre pour les mères un peu regardantes. « Ne vous inquiétez pas Madame, non, on ne va pas loin, oui on revient à… » et de définir l’heure du retour que nous respections.

            Et hop on était déjà parties, on filait…

            Nous on savait bien que sur le front de mer, les filles étaient belles et prêtes à regarder les garçons…Ce fut notre lieu de rendez-vous aussi !!!

Rien n’a changé dans la culture de ce boulevard.

            Ils faisaient comme nous les garçons, ils venaient au front de mer, et rarement seuls, mais à deux ou trois. Ils étaient super sapés, beaux comme des petits cœurs…ils nous le faisaient d’ailleurs palpiter le corazón quand on les voyait arriver de loin…

            Surtout pour celle qui était l’élue du moment, elle marchait devant ou derrière avec son chéri pour les petits secrets échangés et on respectait, on les laissait un peu seuls les deux amoureux. En plus on était contentes pour eux.

Rien n’a changé sur ce front de mer…les filles sont maquillées et en foulard, les garçons n’ont juste pas le droit le leur prendre la main !

            Et puis pour les autres, on arrivait toujours à trouver un amoureux…car nous ne nous posions aucunes questions existentielles….Le contact était simple.

            Juste un bémol pour moi, j’étais « chiante » il fallait que le garçon semble avoir quelque chose dans la tête…cela paraît prétentieux avec le recul, car j’étais jeunette mais quand même…c’est ce qui m’attirait avec un gentil physique…

Quand l’un de nous avait rendez-vous, on se faisait accompagner par les copins, on disait : «  mais venez, elle ne va pas venir toute seule, il y aura ses copines aussi, vous verrez !! ».

            Car, si le physique devait compter un peu, mais pas vraiment, le reste aussi.   J’ai toujours aimé communiquer et si face à moi cela ne répondait pas, en dehors des bisous échangés et des gestes un peu baladeurs,  je laissais… idiot non ? Au fait quand je parle de flirt, cela restait innocent, nous n’étions pas intrépides, les filles. Les garçons non plus, on apprenait ensemble !

 Pour nous toutes les filles qui se balladent sur le Front de Mer sont belles!

            Il y avait aussi les soirs pour les ballades. Là quelquefois, une mère ou deux nous accompagnaient. On partait en groupe de l’EGA. On se disait, avant d’aller souper, « tu descends à telle heure… et on s’attendait devant la porte des immeubles…

            De nombreux EGA sortaient après dîner pour le front de mer.

            C’était magique…on avait la fraîcheur, les odeurs de la nuit, les lumières, le port, mon dieu ce port….et le mystère du soir…

            Et puis, comme il faisait nuit,  on pouvait « déconner » plus, on se lâchait, on marchait devant, la mère ou les mères suivaient derrière.

            Et là encore, on retrouvait les garçons et on continuait a marcher ensembles de front, nous séparant juste pour laisser passer les promeneurs.

            Je redis encore que la nuit, autorisait des moments sympas, on se planquait derrière les palmiers, on squattait les bancs, les garçons souvent grimpés sur les dossiers.

Quand ça marchait, on prenait un banc, la fille assise, le garçon sur le dossier. Tout en racontant ses petits secrets, il guettait  qu’aucun frère ni proche de la jeune fille ne s’approchait...

            Et puis il y avait aussi les militaires, alors, sauf erreur, je me souviens que ces jeunes hommes venaient pour la ballade, le moment de détente et aussi pour la drague.

Il y avait aussi les militaires, on ne les aimait pas, car avec leur tenu, ils avaient plus de succès auprès des filles que nous avec nos habits de ville…Les week-ends, c’était un peu galère car ils étaient tous là !! Moi je n'y allais pas.

            Soit ils retrouvaient une chérie élue, soit ils venaient nous voir quand nous étions seules les filles.

            Mais il n’y avait jamais de rentre dedans vulgaire, ils voulaient juste passer un moment et discuter. Bien sûr, cela pouvait aboutir à un début de flirt et comme on dit…plus si affinités…

Et on le savait bien qu’ils avaient la tchatche plus facile avec les filles…

 

            Ce front de mer m’a donné, dans ma courte  jeune adolescence avant de partir et où j’ai pu le connaître, le sentir, m’y reposer, me remplir les yeux de ce magnifique point de vue sur la mer, le port… de formidables moments de bonheur, de tendresse, et de nostalgie sans fin…maintenant.

            Le passé ne se refait pas, le temps ne se remonte pas, ce qui fut n’est plus

            Voilà une toute petite parenthèse dans une vie qui était, forcément, belle si belle.

Ce front de mer, si ouvert, si agréable, si accueillant s’est brusquement fermé à mes yeux, en octobre 1998, quant une bombe explose dans une boutique de chaussures, au moment où je passais le peigne sur mes cheveux avant d’aller rejoindre ma bande de copains là-bas…

Et si un truc, en moi, me disait que mes amis n’avaient rien, je n’avais aucun moyen de le vérifier. pas portables à cette époque encore. Les consignes étaient claires : « si explosion surtout ne pas sortir de chez soi » ! Il fallait attendre. Je ne voulais pas appeler chez eux de peur d’inquiéter les parents.

Mes amis se retrouvèrent tous chez moi, court-circuitant le côté chaud, en passant par la rue de Mostaganem et descendant chez moi par la rue Marcel Cerdan.

Tous sauf un : A.T

Il est arrivé, un peu plus tard, au grand soulagement de tous, jurant sur le pas de la porte : « je partirai, je ne suis pas mieux que ceux qui sont partis en 62, c’est la vie, je leur laisse tout, je n’en veux plus ! ».

Aujourd’hui, nous sommes tous partis, loin du Front de Mer, sauf lui, A.T.

 

Yvette Pascual 2006

Oranaiso. 2009

 Le printemps

 

Je reviens doucement à pas comptés,

De la brume matinal, au soleil effacé,

Je m’annonce, comme si étranger,

Et, d’une longue absence, ressuscité.

 

Timidement, je dis, vous m’attendiez,

Sur sols étrangers, me suis attardé,

Car vers vous, revenir me tardait,

Loin de vous, je semblais abandonné.

 

De chaleur, de douceur, chargé,

Avant de revenir, n’ai rien oublié,

Car là bas, j’ai voulu m’attarder,

En long détour, pour vous ramener.

 

Un souffle, cet air tout parfumé,

Au dessus de la mer je l’ai aspiré,

Pour ensuite venir le déposer,

Au dessus de vos yeux fermés.

 

Et puis en passant j’ai capturé,

Toutes vos images, vos sons oubliés,

Vos couleurs,  vos gestes figés,

Pour qu’alors vous  les animiez.

 

Votre soleil, une douceur retrouvée,

Au mimosas dorés, senteurs parfumées,

Jusqu’à la rue, aux pierres chauffées,

Et enfin votre muret, où me suis attardé.

 

Voilà ce grand voyage est terminé,

Et, je suis heureux de vous retrouver,

Pour toutes vos pensées, enfin apaiser

De votre si joli printemps Oranais.

 

 

Yvette 4/2/2007

 

 

 

 

Tout cerveau qui s'exile est un assassinat : Lettre ouverte de Yasmina Khadra à M. Belkhadem

Jan 19,2009 00:00 Par : Yasmina Khadra

Il existe un miracle en chaque chose, M. Belkhadem. Le miracle de réussir là où d'autres ont échoué. Le miracle de démissionner quand on ne peut plus rien donner... Voyez-vous ? Il suffit de le vouloir.

Vos propos concernant les harraga, ce nouveau fléau qui dépeuple nos rues, nos chantiers, nos stades, notre jeunesse, sont irrecevables. Un responsable politique a des obligations et des problèmes à résoudre. Il a aussi le droit de rendre le tablier s'il a conscience de son inutilité. L'Algérie n'est pas un fief de rentiers, encore moins une sinécure. Elle est une Nation, un Peuple, un Destin, et exige un maximum d'engagement et d'abnégation. Il s'agit de la servir, et non de l'asservir. Il s'agit d'efficacité et non de privilèges. Il s'agit de sacrifices quotidiens, de transcendance permanente et de concertations tous azimuts, car il arrive parfois aux divergences de nous éveiller à nos erreurs et à l'apport inestimable des opposants. Un discours n'est solvable que lorsque ses répercussions sur le terrain sont payantes. Il ne suffit pas d'occuper une tribune pour dominer son monde, encore faut-il le convaincre, parvenir à lui mettre la main à la pâte et le mener au bout de l'ensemble des défis que l'on est supposé relever.

Or, le constat est désespérant. Comment peut-on sévir contre une jeunesse effroyablement désenchantée alors qu'il est question de la sauver de l'ennui en train de la chosifier ? Comment ose-t-on jeter en prison de jeunes gens qui ont choisi de risquer leur vie au large de la mer plutôt que de continuer de moisir au pied des murs défigurés ou à l'ombre des cafés sinistrés ? Depuis quand les geôles sont-elles des cures thérapeutiques, un antidote, une panacée ? Incarcérer les Harraga est un non-sens, une absurdité, un traitement contre-nature.

Cela dénote de l'inaptitude de nos responsables à s'assumer, préférant faire porter le chapeau à ceux-là mêmes qui ploient sous d'intenables carcans - Il n'est pire cruauté que de faire, des souffre-douleur, des boucs émissaires !...

L'Algérie est un paradis, M. Belkhadem ; un paradis dont les rêves sont ailleurs ; ce qui pousse des milliers d'adolescents à sauter dans des embarcations de fortune pour aller à leur recherche parmi les naufrages mortels et les insolations irréversibles. Aucune nation ne peut avancer sans mythes et aucune jeunesse ne peut forcir sans idoles. Qu'avons-nous fait de nos mythes et que sont devenues nos idoles dans cette quête névrotique de l'enrichissement suspect qui a fait de nos maires, de nos walis, de nos députés, de nos sénateurs, enfin de l'ensemble de nos faiseurs de société des faiseurs de désillusions ?... Le miracle existe, M. Belkhadem. Il suffit d'y croire. Or, il nous semble que nous avons perdu la foi en toute chose dans ce pays où la lucidité, le souci des autres et la conscience citoyenne se sont mus en slogans blancs. Notre jeunesse ne demande pas ; elle exige de nous que l'on assainisse ses lendemains en lui proposant des projets concrets, un devenir fiable, des repères probants, bref une vraie feuille de route reposant sur un programme clair et réalisable. Elle ne demande pas la lune, mais une place précise dans sa patrie, et un rôle à même de l'enthousiasmer et de la mobiliser autour d'une ambition légitime. Elle réclame du travail, des débouchés, une formation adéquate, du respect surtout, et la confiance sans laquelle aucune mission n'est envisageable. Son problème, qui semble échapper à nos responsables, est simple : elle veut vivre décemment, dans son pays ; elle veut retrousser ses manches et contribuer à l'aboutissement d'un idéal sain et ragaillardissant. C'est parce qu'elle ne sait plus où donner la tête qu'elle confie, chaque soir à l'heure où la mer s'apaise, son destin à une boussole pipée ou un passeur suicidaire... Notre jeunesse souffre, M. Bekhadem. Elle a épuisé toute sa patience, toutes ses prières et tous ses ras-le-bol.

Elle est laminée, lessivée, dévitalisée et n'éprouve plus le besoin de survivre à son désarroi grandissant. Et si elle ne fait plus confiance à vos promesses, c'est parce que vous ne les avez jamais tenues.

C'est parce qu'elle refuse de céder à la violence, parce que les maquis intégristes ne constituent plus un territoire raisonnable des revendications élémentaires, qu'elle préfère offrir ses ultimes espérances aux poissons et à la furie des flots. Aussi est-il urgent d'arrêter de la considérer comme une tare sociale ou une tracasserie politique et de se rendre compte combien son désespoir nous renvoie à nos incompétences et notre culpabilité. Tout Algérien qui meurt de malvie est un crime ; tout cerveau qui s'exile est un assassinat ; tout espoir qui s'éteint est une trahison et tout aveu d'impuissance de la part d'un décideur est une catastrophe. Alors, lequel des miracles choisir : celui de la rédemption ou bien celui de la démission ?
Yasmina Khadra

 BELKHADEM est le premier ministre du gouvernement Algérien.

Un faible rayon de soleil lui parvient ce matin de grand froid. Un faible rayon qui lui réchauffe le coeur. Il n’est pas fait pour le froid.

Il repasse la main sur le livre qu’il lisait la veille, il l’ouvre et reprend à haute voix toutes les expressions soulignées et déjà lues. Il les trouve révélatrices d’un mode de vie unique, détaché du physique, avec tout autant de joie et de peine, avec autant d’émotion, de douleur et d’amour, à l’infini, à l’infini.

Il réalise qu’il vient de finir avec son chagrin d’amour ambulant.

Qu’il peut le vivre et le revivre autant de fois qu’il le désire, autant de fois qu’il se soustrait à la vie physique.

Il retrouve les faubourgs amoureux et les rayons de soleil de sa jeunesse, les remparts où l’on se cache, ou l’on court …où l’on meurt aussi.

Mais grâce au livre, la mort n’est plus un drame, elle est un mystère certes, nous oublions tous que nous la portons en nous à partir du moment où l’on arrive sur Terre. Elle nous est donnée simultanément avec la vie, dit la dame dans le livre.

Et enfin, en travers ces remparts, il la retrouve, toujours, il fallait juste fermer les yeux, se déconnecter du physique….tout a fini par revenir.

Il comprend alors, qu’il devrait vivre en fermant les yeux et les ouvrir pour mourir un peu.

Il retrouve sa joie de vivre, de lire, d’écrire, de chanter et de partager cela avec qui veut.

Il entend sa voix l’inviter à avancer d’instant en instant, avec elle, dans les sentiers nouveaux de la lumière et de la vie.

Il apprend, qu’elle n’est point inquiète pour tout homme de bonne volonté et que le seul endroit où l’on peut retrouver les vérités authentiques c’est le cœur. Le chemin qui mènerait ces vérités du cœur à la bouche, leur fait souvent prendre des allures incertaines.

Il retrouve aussi la science du détail, du précis qui construit. Elle lui apprends que le vague est fuite et imperfection.

L’essentiel est dans la pensée tant qu’il ne concerne que la personne elle-même. Cet essentiel doit être dit où réalisé si l’on désir le faire sentir à l’autre.

Dire que l’on s’aime et le répéter autant de fois dans une même vie est un signe de grandeur de cœur et de générosité absolue. L’homme de bonne volonté serait celui qui sait aimer.

Ce qui l’amuse dans ce monde parallèle où il vient de se greffer, c’est que tout se réalise au moment où il y pense. Plus besoin d’attendre, plus besoin d’espérer être compris.

Ils se retrouvent ainsi à chaque instant de leur vie.

D’instant en instant, ils construisent le rêve des Hommes : être éternel

 

Pour ma part, j’ai retrouvé ce texte ce matin en fouillant dans les documents de ma mémoire. Je ne me souviens pas d’où je l’ai eu….je retrouverai peut-être !

J’irai me greffer sur la parallèle…

Pour cela.

 

Oranaiso

 

 

Retour sur l'envoi de 33 enfants malades en Jordanie

par Ghania Oukazi

Journal le Quotidien d'Oran du 30 novembre 2008

C'est «sur instruction de Son Excellence le président de la République», que trente-trois enfants ont été envoyés en Jordanie, pour subir une opération à coeur ouvert. «Quatre sont décédés, sept ont été rapatriés sans être opérés et le reste attend», disent nos sources.

Ce sont 33 enfants souffrant d'une pathologie cardiaque congénitale, qui ont été envoyés il y a près d'un mois par le gouvernement algérien en Jordanie, pour subir une intervention chirurgicale. L'histoire, si l'on pourrait se permettre de la qualifier ainsi, n'aurait pas dérangé si elle n'avait pas été gérée par un acte politique strict, qui ne semble pas s'être soucié de celui médical qui, lui, exige des critères de compétences irréfutables. Critères qui sauront en expliquer les conséquences même si la mort en sera la seule. L'on explique que l'envoi de ces enfants a été géré par deux ministères, celui de la Santé et celui de la Solidarité. Saïd Barkat et Djamel Ould Abbas sont donc les deux premiers responsables à être bien au fait de ces transferts d'enfants vers la Jordanie et des raisons qui leur ont prévalu. D'ailleurs, le jour du voyage, c'est Ould Abbas qui a pris la parole devant les caméras de la télévision algérienne, pour vanter l'opération, tout en précisant que celle-ci a été menée « sur instruction de son excellence le président de la République ». Et c'est justement ce qui a été mis en avant pour justifier des transferts d'enfants nés avec une pathologie lourde vers la Jordanie, un pays qui, nous disent les spécialistes, « n'est pas plus outillé que l'Algérie pour la prendre en charge ». Il est clair que tous nos interlocuteurs ont tenu à garder l'anonymat en raison du caractère « délicat et confidentiel du dossier ». Délicat de par les résultats qui en ont découlé et confidentiel parce que l'organe le plus habilité et le plus officiel à décider des transferts de malades vers l'étranger reste jusqu'à preuve du contraire la Commission nationale, qui active auprès des services de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNAS.) Des sources qui lui sont proches affirment n'avoir jamais été associées « ni de près ni de loin » à ce transfert. L'on souligne que « c'est le chef de cabinet du ministre de la Santé, Benouali, qui s'en est occupé de manière directe ». Il aurait instruit la chargée de mission du ministère, Dr Krim, de prendre attache avec Dr Touati, médecin à la clinique médicale de chirurgie infantile (CMCI) de Bou Ismaïl pour « choisir » les enfants en attente d'une intervention chirurgicale cardiaque. Des sources du milieu médical parlent de 20 enfants, d'autres insistent sur le nombre de 33. Lors de son déplacement à la clinique, Dr Krim aurait évoqué la même mention à savoir l'instruction « de son excellence » et la confidentialité du dossier. C'est cette même chargée de mission qui a accompagné les enfants en Jordanie et qui n'en est pas revenue à ce jour. Il est utile de rappeler que la décision des transferts a coïncidé avec la visite éclair à Alger, du roi Abdellah de Jordanie, à la veille de la tenue à Washington du fameux Sommet du G20. « C'est certainement pour lui prouver la volonté de consolider la relation entre les deux pays que ce transfert a été décidé par les plus hautes instances », nous a dit un responsable à la présidence de la République. Sans plus.

Si, jusque-là, ce transfert n'a rien d'illégal, le choix du pays et la manière avec laquelle le dossier a été géré intriguent les milieux médicaux. Les spécialistes affirment sans ambages que « la Jordanie n'a ni les compétences ni les moyens adéquats pour procéder à des chirurgies aussi délicates que celles que traînent les enfants qui y ont été envoyés ». L'on tient à rappeler qu'une convention de coopération dans le domaine médical entre les deux pays a été effectivement signée en 1994 (d'autres responsables de la Santé disent depuis 1994). La signature d'une telle convention a été nécessaire, nous dit-on, « parce que les pays occidentaux avaient imposé un embargo sur l'Algérie durant les années 90 ». Il nous est précisé cependant, que « la convention a été signée avec des hôpitaux publics alors que les enfants ont été envoyés dans une clinique privée ». En outre, depuis quelques années, l'Algérie n'envoie plus de malades cardiaques vers la Jordanie parce que, disent les spécialistes, « les seuls pays qui maîtrisent cette chirurgie sont la France, la Belgique et la Suisse ». Dans ces pays, l'on nous dit que la pathologie est « en rétrécissement en raison de la prévention qui est bien menée par un suivi permanent et minutieux des grossesses ». L'on souligne que « on doit savoir que cette pathologie est incompatible avec la vie, la prévention est donc impérative, en cas de sa détection durant la grossesse, on est tenu de prévenir les parents ». La Jordanie « tout autant que l'Algérie n'a pas encore atteint ce niveau », souligne-t-on.

«Nos enfants auraient pu mourir en Algérie»

 
 
Des 33 enfants transférés, certaines sources font part du décès de trois d'entre eux, (d'autres donnent le nombre de quatre.) « Nous avons appris que des enfants en sont morts, peu importe le nombre, un mort c'est déjà trop, 7 autres ont été récusés et rapatriés et les autres attendent on ne sait quoi », nous dit un spécialiste proche du ministère de la Santé. « Tous les enfants doivent être rapatriés pour éviter la catastrophe », nous dit notre interlocuteur qui n'écarte pas du tout le destin et la fatalité. « Nos enfants auraient pu mourir ici en Algérie sur la table d'opération, vous savez, face au destin, on n'y peut rien, mais ce qui nous fait mal, c'est que leur envoi en Jordanie n'était pas nécessaire puisque les médecins là-bas ne sont pas plus compétents que nous, si c'est pour mourir il vaut mieux que l'on meure dans son pays », explique ce médecin. D'autant que son confrère qui s'est chargé du choix des enfants a retenu, selon nos sources, « les cas les plus compliqués ». Il est noté que la CMCI de Bou Ismaïl ainsi que d'autres cliniques privées prennent aussi en charge ces cas. Dans une de ses correspondances au chef de cabinet du ministère de la Santé à partir de la Jordanie, Dr Krim a écrit, selon nos sources, que les mamans des enfants décédés ont reçu chacune 5.000 dollars, une espèce d'indemnités, et que les responsables de la clinique jordanienne lui ont donné à elle en tant que médecin accompagnatrice, 700 dollars. L'on apprend au passage que l'Algérie a fait appel récemment au service de chirurgiens brésiliens, pour opérer des malades cardiaques adultes à la clinique Abderahmani d'Alger. « Ils ont opéré 7 malades à raison de 1.500 euros l'un, 3 en sont morts », indique un médecin. L'on estime le prix d'une intervention à coeur ouvert entre 6 et 7.000 euros. L'Algérie enregistre selon des sources médicales, 1.500 cas chaque année. En Jordanie, l'intervention reviendrait entre 12 et 13.000 euros. « Le manque de prévention chez nous est déplorable, il cause des dégâts considérables », soutiennent nos sources. L'on note qu'en 2005, « l'Algérie a envoyé en Jordanie une soixantaine de malades atteints de scoliose. « Mais nous avons remarqué que le niveau algérien est plus intéressant », est-il affirmé. Nos spécialistes ne sont pas pour les transferts systématiques de malades vers l'étranger. « Parce que plus on transfert et plus on avoue notre incompétence. L'idéal serait qu'on inverse les flux, on garde nos malades et les pays spécialisés nous envoient leurs compétences et nous assurent ainsi un transfert de technologie», estiment-ils.

«Envoyez-nous un fax»

 

«Pourquoi le choix de la Jordanie pour la chirurgie cardiaque infantile ? Pourquoi un transfert vers une clinique jordanienne privée ? Pourquoi pas les hôpitaux publics avec lesquels nous avons signé la convention durant les années 90 ? Pourquoi une telle mission n'a-t-elle pas été confiée à l'organe compétent qui est la CNAS ? A toutes ces questions et à d'autres que se posent les milieux médicaux, aucune réponse, du moins officielle. Nos contacts avec les parties concernées par le dossier et habilitées à y répondre se sont avérés infructueux. « Le chef de cabinet est en mission », nous a répondu une voix féminine du ministère de la Santé. Le chargé de la communication auprès de ce même ministre est, nous dit une autre voix féminine, « en déplacement avec le ministre ». Un chargé de la communication qui, faut-il le redire, refuse de communiquer et est continuellement aux abonnés absents. « Envoyez-nous un fax », nous dit la voix au téléphone. Mais qu'est-ce qu'on doit mettre dans ce fax ? Lui avons-nous demandé. « Le reportage que vous voulez faire », nous répond-elle. Mais il ne s'agit pas de faire un reportage, nous voulons avoir des réponses à des questions sur le transfert des enfants vers la Jordanie, lui avons-nous dit. « Ah...», lance-t-elle sur un ton quelque peu désabusé. Mais elle se ressaisie : « même, envoyez-nous un fax ». Les numéros de mobile des chargés de la communication des ministères du Travail ou de la Solidarité ne répondent pas non plus. Il n'est pas question de demander à parler à un des cadres parce que la réponse est presque instinctive : « Passez par le service presse ». Nous apprenons de source proche de la présidence de la République, que le président de la Commission nationale chargée des transferts auprès de la CNAS, le professeur Bougherbal, a fait savoir par écrit au chef de l'Etat que « cette commission n'a rien à voir avec ce dossier contrairement à ce qui a été rapporté par la presse ». Le ministre du Travail, Tayeb Louh, s'est interrogé pour sa part, selon des sources sûres, sur qui paiera la facture de ces transferts. Mais il a aussi convoqué Dr Touati en présence du directeur général de la CNAS et d'un médecin conseil de la commission pour connaître les conditions dans lesquelles ils ont été décidés. En ordonnant une enquête, il n'a cependant pas manqué de mettre en avant le caractère « délicat » du dossier.

 

 

Ce soir, nous sommes rentrés dans la dernière décade du mois de Ramadhan.
C'est durant cette décade, que fut révélé le Saint Coran. En une nuit non définie, on sait juste qu'elle est impaire et que ce n'est point la 29eme.            La nuit sacrée n'est jamais la dernière nuit du Ramadhan.
Durant cette décade donc, Dieu est généreusement miséricordieux et le recueillement est à son maximum: paix, paix sur le monde, paix entre nous enfants de cette Terre, malmenés et déchirés par une haine non divine, nous ne serons que plus perdus, loin de l'amour pour notre Terre, loin de l'amour des uns pour les autres.
En cette journée donc, plus que sacrée, je suis surpris par l'invitation d'un ami à un prêche de catéchisme. Il connaît pourtant mon attachement à ma religion symbole même de mon origine, il connaît ma capacité à aimer les autres, à les servir et à leur être utile. Je me dis qu'il doit me manquer quelques choses peut-être et cet ami, qui m'aime bien, voudrait que j'acquière lors d'une telle rencontre.
Je n'irai pas cette fois, j'irai peut-être après mon mois de prière. Je ne me permettrai pas de détourner un ami de sa prière et je pense qu'il ne sait pas que Ramadhan est une longue prière qui dure 30 jours.
Enfin, ceci ne m'empêche pas de penser aux voeux du conseil pontifical à l'occasion de L'aïd El Fitr 2007(ou la fin du Ramadhan) que je rapporte intégralement ici: 

 

MESSAGE POUR LA FIN DU RAMADAN

‘Id al-Fitr 1428 E. / 2007 a.d.

 

‘Id al-Fitr 1428 E. / 2007 a.d.

  

Chers Amis Musulmans,

 

1. Il m’est particulièrement agréable de vous présenter pour la première fois les vœux amicaux et chaleureux du Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux en votre joyeuse fête de ‘Id al-Fitr, qui conclut le chemin parcouru durant le mois de jeûne et de prière du Ramadan. Cette démarche est un temps fort pour la vie de la communauté musulmane et donne à chacun une force nouvelle pour son existence personnelle, familiale et sociale. Il importe en effet que chacun rende témoignage au message religieux par une vie toujours plus intègre et plus conforme au plan du Créateur, dans le souci du service de ses frères et dans une solidarité et une fraternité toujours plus grandes avec les membres des autres religions et avec tous les hommes de bonne volonté, dans le désir de travailler ensemble au bien commun.

2. Dans la période troublée que nous traversons, les membres des religions ont par-dessus tout le devoir d’œuvrer, en tant que serviteurs du Tout-Puissant, en faveur de la paix, qui passe par le respect des convictions personnelles et communautaires de chacun, ainsi que par la liberté de la pratique religieuse. La liberté de religion, qui ne se réduit pas à la simple liberté de culte, est en effet un des aspects essentiels de la liberté de conscience, qui est le fait de toute personne et qui est la pierre d’angle des droits humains. C’est en prenant en compte cette exigence que pourra être édifiée une culture de la paix et de la solidarité entre les hommes, et que tous pourront s’engager résolument pour construire une société toujours plus fraternelle, faisant tout ce qui est en leur pouvoir pour refuser la violence quelle qu’elle soit, pour dénoncer et pour récuser tout recours à la violence, qui ne peut jamais avoir de motivation religieuse, car elle blesse en l’homme l’image de Dieu. Nous savons tous que la violence, notamment le terrorisme qui frappe aveuglément et qui fait de nombreuses victimes surtout parmi les innocents, est incapable de résoudre les conflits, et qu’elle ne peut que susciter l’engrenage mortifère de la haine destructrice, au détriment de l’homme et des sociétés.

3. En tant que personnes religieuses, il nous revient à tous d’être avant tout des éducateurs de la paix, des droits de l’homme, d’une liberté respectueuse de chacun, mais aussi d’une vie sociale toujours plus forte, car l’homme doit prendre soin de ses frères et sœurs en humanité, sans discrimination aucune. Nul ne peut être exclu de la communauté nationale en raison de sa race, de sa religion, ni d’aucune autre caractéristique personnelle. Tous ensemble, membres de traditions religieuses différentes, nous sommes appelés à diffuser un enseignement qui honore toute créature humaine, un message d’amour entre les personnes et entre les peuples. Il nous revient en particulier de former dans cet esprit les jeunes générations qui auront en charge le monde de demain. Il est du devoir tout d’abord des familles puis des personnes ayant des responsabilités dans le monde éducatif et de l’ensemble des Autorités civiles et religieuses, d’être attentifs à répandre un enseignement juste et à donner à chacun une éducation appropriée dans les différents domaines évoqués, en particulier une éducation civique, qui invite chaque jeune à respecter ceux qui les entourent et à les considérer comme des frères et des sœurs, avec lesquelles il est appelé à vivre quotidiennement non dans l’indifférence mais dans une attention fraternelle. Il est donc plus que jamais urgent d’enseigner aux nouvelles générations les valeurs humaines, morales et civiques fondamentales, nécessaires tant à la vie personnelle qu’à la vie commune. Toute incivilité doit être l’occasion de rappeler aux jeunes ce que l’on attend d’eux dans la vie sociale. C’est le bien commun de chaque société et du monde dans son ensemble qui est en jeu.

4. Dans cet esprit, il faut considérer comme importantes la poursuite et l’intensification du dialogue entre Chrétiens et Musulmans, dans sa dimension éducatrice et culturelle, pour que se mobilisent toutes les forces au service de l’homme et de l’humanité, pour que les jeunes générations ne se constituent pas en blocs culturels ou religieux les uns contre les autres, mais en authentiques frères et sœurs en humanité. Le dialogue est un instrument qui peut nous aider à sortir de la spirale sans fin des conflits et des tensions multiples qui traversent nos sociétés, pour que tous les peuples puissent vivre dans la sérénité et la paix, dans le respect mutuel et la bonne entente entre leurs différentes composantes.

Pour ce faire, j’appelle de tous mes vœux l’attention de tous, pour que, à travers des rencontres et des échanges, Chrétiens et Musulmans travaillent ensemble, dans l’estime mutuelle, en vue de la paix et d’un avenir meilleur pour tous les hommes ; ils seront pour la jeunesse d’aujourd’hui un exemple à suivre et à imiter. Les jeunes prendront alors une confiance renouvelée dans la vie sociale et s’attacheront davantage à s’y insérer et à prendre part à sa transformation. L’éducation et l’exemple seront aussi pour eux source d’espérance en l’avenir.

5. Tel est l’ardent souhait que je partage avec vous : que Chrétiens et Musulmans développent toujours davantage des relations amicales et constructives pour partager leurs richesses spécifiques, et qu’ils veillent tout particulièrement à la qualité de leur témoignage de croyants !

Je vous renouvelle, chers Amis Musulmans, mes vœux chaleureux pour votre fête et je demande au Dieu de paix et de miséricorde de vous donner à tous une bonne santé, la sérénité et la prospérité.

 

Jean-Louis Cardinal Tauran
Président

Archevêque Pier Luigi Celata
Secrétaire

 

 

top

Calendrier

Février 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
             
<< < > >>

Concours

Recommander

oranaiso - oranaiso - oranaiso - oranaiso - oranaiso

Recherche

Photo d'Oran

Texte libre

Pour m'écrire directement:

oranaiso@ommari.com

Citations

On n’hérite pas la terre de nos parents, on emprunte celle de nos enfants.

 

 

 

 

 


 

Je suis la vérité, si tu cherches à me fuir, tu mentiras!

 


 

Les amours changent, mais celles que génère la ville d'Oran restent immuables.


 

 

 

 

 

Il faut renoncer à sa vieille identité et renaître à un nouveau sentiment de soi.

 


 

Le désir, la haine et les autres passions sont des ennemis sans mains, sans pieds; ils ne sont ni braves, ni intelligents; comment ai-je pu devenir leur esclave?

 


 

Penchez-vous sur votre douleur comme sur un enfant que vous voudriez réconforter.

 


 

Quand tous les beaux oiseaux sont partis, le hibou se met à roder...

__________________________________________________________

Ceux qui ont inventé les mathématiques, sont malheureusement restés sur la division uniquement.

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés